Les maisons en bottes de paille

Les maisons en bottes de paille

Bioclimatique.region-nord.com
Ekopedia
IdeesMaison.com - Techniques de constructions écolos
Passerelleco - Dossier : Une maison de paille à ossature bois
Botmobil.org - aide à l’auto-construction, formation, bretagne principalement
Les Compaillons - réseau nationnal des constructeurs en bottes de paille
Ladepeche.fr - article de presse
Lavoixdunord.fr - Article de presse
Le gabion - formation, documentation
lamaisondurable.com
Maison-paille.net - La technique Nebraska
Construireenpaille.com - Le feuilleton (blog d’un chantier) plein de photos !
Habitatvegetal.com - constructeur
Ti.plouz.free.fr - Blog perso (un chantier)
Arcase.fr - un chantier, photos commentées
Archi-urba.6mablog.com - La paille sans la poutre - impressionnant ! nombreuses et très belles photos !
Contre la pensée unique - excellent blog sur les construction en paille
Livre pratique "Bâtir en paille"

Table des matières

- La maison en bottes de paille ça existe et c'est du costaud
- Présentation (de Bioclimatique.region-nord.com)
- Présentation (sur Ekopédia)
- Murs porteurs en paille : la technique "Nebraska"
- La paille sans la poutre !
- Vidéos

La maison en bottes de paille ça existe et c'est du costaud

Par Emmanuel Crépelle, Mercredi 20.08.2008 - La Voix du Nord

À côté des chantiers traditionnels en briques du lotissement, voilà une construction qui ne passe pas inaperçue. À Sailly-en-Ostrevent, quatre copains ont fait sortir de terre une maison à ossature et tuiles bois avec murs de paille. Ici c’est du presque 100 % écolo au bon sens du terme mais pas la maison des petits cochons. Visite.

Les grandes fenêtres au sud pour laisser entrer le soleil, les plus petites au nord, on appelle cela de l’architecture bioclimatique. Mais sur son chantier, Jean-Marc Lemaire, a poussé la réflexion écologique à son paroxysme en édifiant une maison à ossature bois et murs de paille. Il faut dire que notre homme n’en est pas à son coup d’essai. Il travaille et est associé dans une entreprise spécialisée en Bretagne dans de telles réalisations. Et à bien l’écouter lui et ses trois amis (Grégory Sénéchal, Nicolas Leterme et Nicolas Grevet) on se dit que c’est tellement logique qu’on devrait tous vivre dans une telle habitation. Les Américains, Canadiens, Allemands et autres Suisses ont franchi le pas depuis belle lurette. En France, nous n’en sommes qu’aux prémices.

« Le bois de structure est en sapin douglas que j’ai choisi pour sa résistance le bardage est en mélèze les tuiles sont en cèdre rouge que l’on trouve chez les négociants en bois. Et puis, pour la paille, il suffit de demander aux agriculteurs, en moyenne c’est un à deux euros le ballot », précise Jean-Marc Lemaire.

Et le plus incroyable, c’est que pour monter les murs, il suffit d’empiler les bottes de paille telles que livrées par le paysan en les passant en force, de les tailler à la débroussailleuse et ensuite de les enduire de chaux, en trois passages d’un côté et de l’autre du mur. « Ce n’est pas le même principe que le torchis puisqu’on ne mélange pas la paille », précise Grégory Sénéchal. Et le risque d’incendie, de pourriture, d’arrivée de nuisibles ? « Il faut bien faire attention à l’humidité quand on monte les murs. Comme la pluie arrive souvent de l’ouest, il vaut mieux éviter d’en mettre trop sur ce pan de mur. » L’intérêt de la paille, réside dans ses facultés d’isolation thermique et phonique. Jean-Marc Lemaire le sait déjà. Il a prévu pour chauffer ses 160 m² habitable juste un poêle à bois de 7 kw ! Avec des murs de 45-50 cm d’épaisseur (soit un coefficient de résistance thermique R = 6 !) et une isolation de toiture en laine de bois c’est largement suffisant.

L’écologie se retrouve jusque dans la dalle de la maison coulée avec certes du béton mais aussi avec des billes de schiste expansé pour l’isolation périphérique des murs, c’est du liège extrudé. Et sur le toit, des panneaux photovoltaïques produiront de l’électricité.

La prochaine étape de Jean-Marc Lemaire est certes d’achever la maison (au final un an) et de créer sa propre entreprise de construction. Pour les particuliers, il faudra compter de 1 300 à 1 500 euros le m² habitable.

Présentation (de Bioclimatique.region-nord.com)

maison en paille

Expérimentation dans la construction ou rêve d’écologistes marginaux, telles sont les questions que l’on peut se poser la première fois que l’on entends parler de maison en paille, et ce qui nous vient immédiatement à l’esprit est sans nul doute la fameuse histoire des trois petits cochons.

Pourtant, une fois dépassé les préjugés, la paille s’avère être un très bon isolant, à la fois économique et naturel, permettant d’obtenir un coefficient Rth compris entre 4 et 5, soit l’équivalent de 20cm de laine de verre.

Réservée actuellement à l’autoconstruction, car aucun DTU ne régit la construction en paille, c’est actuellement plus de 800 habitations qui ont été réalisées avec ce matériau en France.

Isolation

Le principe est extrêmement simple, les murs sont composés de bottes de paille (monomur), généralement pris entre dans une ossature en bois, la paille est recouverte par un enduit pour la protéger de la pluie.

La maison n’est pas à vrai dire faite de paille, c’est tout simplement une maison à ossature bois, isolée avec de la paille.

L’isolation de la toiture peut aussi être fait en paille, mais il faut tenir compte du poids de l’ensemble dans le calcul de l’ossature.

Préjugés

- La paille attire les rongeurs.
La paille n’attire pas plus les rongeurs qu’un autre type d’isolant, elle est dépourvue de grain, ils ne peuvent y trouver de la nourriture.

- La paille ne dure pas longtemps..
Isolée de l’humidité, la paille se conserve sans problème, la plus vielle maison fabriquée avec de la paille en France, date de 1920, et elle est encore habitée à l’heure actuelle.

- La paille n’est pas assez solide pour faire un mur..
Mis à part en construction de type nebraska, la paille ne joue pratiquement aucun rôle dans la solidité de la maison, la rigidité de la structure est assurée par l’ossature bois.

- La paille prend feu facilement..
Oui, mais seulement si elle est à l’air libre et non compressée, des essais en laboratoire ont été réalisés , il en ressort qu’un mur constitué de botte de paille enduit à la terre tient la flamme plus de 45 min (15mn est le minimum admis) soit aussi longtemps qu’un mur traditionnel en bloc béton.
Un petit bémol, une foi que le feu a pénétré la paroi, la paille se consume lentement et il devient très difficile de l’éteindre, mais un isolant synthétique comme le polystyrène, pourtant très souvent employé pour l’isolation, s’enflamme bien plus vite et dégage des gaz nocif lors de sa combustion.

- La paille peut créer des allergies
la paille n’est pas du foin, elle ne crée aucune allergie connue à l’heure actuelle car elle ne se désagrège pas dans les conditions où elle est utilisée pour l’isolation.

- La paille craint l’humidité..
Oui, des précautions doivent être prise pour éviter les infiltrations d’eau dans la paille, les enduits extérieur doivent être étanche, mais laisser passer la vapeur d’eau, la chaux , pour ses qualité respirante, est le plus souvent utilisé, mais on peut faire aussi des enduits à base d’argile. Le ciment et les enduits industriels sont à proscrire.
Pour combattre les problèmes d’humidité, l’isolation en paille demande à avoir de mur dit perspirant, c’est a dire capable d’éliminer la vapeur vers l’extérieur, ceci se réalise en jouant sur l’épaisseur et la nature de l’enduit, l’enduit extérieur devant laisser passer plus de vapeur que celui a l’intérieur, ou en intercalant un freine vapeur du coté intérieur.

Technique de construction

Plusieurs techniques de construction existent, mais la paille étant utilisé surtout en autoconstruction, beaucoup de variante sont possible.

Technique ’nebraska’

paille nebraska La plus ancienne des techniques de construction avec de la paille, mais aussi la plus simple et la plus économique.

Elle a vu le jour dans le nebraska (U.S.A) avec l’arrivée des toutes premières botteleuse mécanique au début du 19ème siècle.

Avec cette technique, les botte sont simplement empilée les une sur les autres comme pour un mur de briques, reliées entre elles par des bambous ou du bois fichés verticalement dans la paille.

Les bottes sont compressées entre la lisse basse et la lisse haute à l’aide de tiges filetées ou tout autre moyen, afin de réduire les tassements qui risquent d’intervenir lors de la mise en place de la charpente et de la couverture.

Cette technique simplisme ne permet pas d’avoir plus d’un étage, et est plutôt réservée à de petite pièce comme les cabanon de jardin, poulailler, etc.

Quelques expérimentations sont conduite actuellement avec les grosses bottes des big baller affin d’améliorer la solidité de la structure.

Remplissage sur ossature bois

ossature bois paille Ici, il s’agit de remplacer les isolants conventionnels par de la paille dans une maison à ossature bois ou en poteau poutre.

L’épaisseur des bottes de paille doit avoir été prise en compte pour la réalisation de l’ossature.

La paille, peut recevoir un enduit sommaire pour la protection contre le feu, puis être protégée par un bardage, la face intérieur pouvant être recouverte d’une plaque de plâtre ou d’un fermacell si on désire plus d’inertie thermique.

Technique autrichienne

Les autrichiens ont une longueur d’avance sur nous, et ont recherché la meilleure solution pour les murs de paille, solution alliant rapidité et facilité, tout en permettant un chantier sec.

La construction de base est aussi une ossature bois, mais les bottes de paille ne reçoivent aucun enduit, l’extérieur est protégé par un pare pluie recouvert d’un bardage, l’intérieur est composé d’un parement en plaque de plâtre (placo) ou en fermacell, un freine vapeur le séparant de la paille, comme dans le cas d’une isolation traditionnelle.

Technique du Greb

greb paille Importée du Quebec ou elle à été mise au point par le Groupe de Recherche Ecologique de la Batture, la paille est ici prise en sandwich entre une double ossature légère en bois.

Sur chaque rangée de paille, un mortier allégé, composé d’une part de ciment, d’une part de chaux, de trois parts de sable et de cinq parts de sciure de bois, est coulé entre des banches sur les faces extérieure et intérieur des bottes.

Cette technique à l’avantage de réaliser la première couche d’enduit pendant la construction , ce qui permet de protégé le mur rapidement, tout en simplifiant l’accroche des couches ultérieur, de plus, le mortier assure le contreventement de la structure.<

L’association approchepaille promulgue des conseils et des stages sur cette technique.

Cellule sous tension

La technique de la CST est un mélange entre l’ossature bois et le mur porteur, l’ossature bois est réduite à sa plus simple expression avec l’utilisation de planche de faible section (27*150)env tout les 60cm.

Les bottes de paille sont rentrées en force entre ces planches, puis maintenues et pressée par des tasseaux, les ficelles des ballot sont ensuite retirés. en se détendant, la paille assure le contreventement de l’ensemble et empêche le flambage de l’ossature tandis que cette dernière assure le maintient des bottes.

Dans cette structure, la paille est semi-porteuse avec l’avantage non négligeable de réduire la quantité de bois nécessaire pour l’ossature, tout en offrant une structure plus résistante que la technique nebraska.

L’association Botmobil assure des stages de formation avec ce type de structure.

Divers

La construction en bottes de paille est fortement implantée dans le milieu de l’autoconstruction, Les Compaillons, Réseau Français de la Construction en Paille peuvent être d’une grande aide si vous désirez vous lancer dans l’aventure.

Présentation (sur Ekopédia)

Une construction en paille est non seulement écologique, mais bien isolée et peu coûteuse.

Description

La construction en végétaux existe depuis des millénaires, sur tous les continents. On cite souvent les singes qui se couvrent de branchages pour dormir. Les constructions étaient très diverses, mais aujourd’hui, les méthodes se sont modernisées. Ainsi, avec un minimum de connaissance et un budget très limité, construire en empilant des ballots de paille est vraiment accessible aux 6 milliards d’humains, dans une démarche parfaitement écologique et économique.

Historique

L’architecture de nombreux peuples était (ou est encore) basée sur l’utilisation de végétaux, notamment la paille, sous-produit de culture produit en grande quantité, facile et rapide à mettre en œuvre, et très isolante. Mais évidemment, il ne s’agit plus de construire des huttes depuis un certain moment.

Dès la fin du XIXe siècle, des agriculteurs du Nebraska possédaient les premières botteleuses mécaniques : la paille n’est plus en vrac, elle est rangée en blocs droits et légers. Du coup, ces paysans ont logiquement construit leurs villages avec ce matériau. En effet, le Nebraska manque d’arbres, le sol est souvent très sableux. Le faible poids des ballots évite alors les mouvements des fondations. Ce type de construction fait petit à petit son chemin en Amérique du Nord, jusqu’à s’effacer face au "progrès" du béton et de l’acier, symbole de progrès technologique et industriel.

Mais la maison en paille ne s’arrête pas là, au cours du XXe siècle, l’idée fait son chemin : en 1921, M. Feuillette construit sa maison à Montargis, en France, et propose cette solution pour reconstruire le pays après la guerre. Il n’est évidemment pas écouté, en 1930, la mode est plus à la construction de fortifications en béton que de construction légère en bois et paille.

Depuis une trentaine d’années, c’est le renouveau de la paille, des références comme "The Strawbale House sont publiées, font parfois sourire, mais en attirent d’autres. Par exemple, des jeunes y trouvent une solution très intéressante pour construire sans s’endetter toute leur vie; une association étatsunienne s’en sert pour construire des logements aux Indiens qui sombrent dans l’alcoolisme et le manque de repère; des Européens ont construit avec les matériaux du bord une maison en paille en Inde. En 75 une maison est construite en 3 jours sur le terrain militaire du Larzac, ce qui symbolisera la lutte pacifique, écologique et anti-nucléaire , catégorisant par la même occasion les maisons en paille comme des solutions rurales, alternatives et bricolées. Cette empreinte a durée longtemps, jusqu’en 2003 où, timidement, les premiers organismes officiels participent au projet Montholier (Jura) mené par Samuel Courgey.

Des erreurs de conceptions ont alors rendu les résultats de cette opération pas aussi intéressants qu’ils auraient dû l’être. L’expérience est toutefois une réussite "politique" et fait entrer la maison isolée avec des botte de paille dans le monde de la construction conventionnelle.

Début 2005 l’association "APPROCHE-Paille" diffuse une nouvelle technique de construction, éloignée des principes habituels de construction en paille, la technique du GREB. Le dynamisme de cette association sur la toile et dans les médias a encore plus démocratisé la construction en paille.

Fin 2005, l’association "Les Compaillons" se met en place grâce à Philippe Liboureau dit "le pailleux".

En mai 2006, André De Bouter (association La Maison en Paille) organise les premières rencontres nationales de la construction en paille à Celles sur Belle, d’où naitra le RFCP (Réseau Français de la Construction en Paille). Ce réseau, est symboliquement sous la tutelle de l’association "les Compaillons", mais regroupe en plus des autoconstructeurs, des concepteurs, des constructeurs et des associations.

Aujourd’hui, le RFCP travaille sur l’élaboration de rêgles professionnelles qui encadreraient les principes de base de la construction en paille et la paille trouvera pleinement sa place chez les professionnels.

La technique

En fait, il n’y a pas une seule façon de construire en paille : les constructeurs y vont un peu de leurs inventions et de leurs goûts personnels. Le bâtiment peut être presque exclusivement constitué de ballots ou, au contraire, de ballots soutenus par une ossature en bois.

Longtemps expérimentale la construction paille fait évolue vers une professionalisation de la mise en oeuvre, pour se rapprocher de plus en plus des zones urbaines ou la demande commence à émerger.

Les maisons en paille si par leur apparence originale étaient réservées aux zones rurales, les contraintes architecturales obligent les constructeurs (souvent autoconstructeurs) à faire preuve d’imagination pour simplifier les techniques et les rendre acceptables en tout milieu.

On distingue quelques techniques de base.

La technique "Nebraska modernisée" Il s’agit d’empiler les ballots de paille en quinconce, sans aucune ossature. Seules quelques tiges de bois, de bambous ou de métal sont disposées de façon à éviter les mouvements. Les murs de ballots portent ainsi le toit. Cette technique est la plus ancienne, mais aussi une des plus économiques, puisque ne demandent que très peu de matériaux. Elle est aussi très rapide à mettre en œuvre, à condition de ne pas rechercher une architecture compliquée. Bien sûr, elle ne convient pas aux bâtiments spacieux, et un étage est un maximum (pour ne pas compresser la paille). On s’en sert en général pour des petits bâtiments utilitaires : grange, poulailler, garage, atelier, cabane...

La technique "ossature bois" Elle comprend de nombreuses variantes. C’est la technique la plus connue, et la plus utilisée. Il s’agit de monter une armature en bois (poteaux-poutre, ossature légère simple ou double), de poser la charpente. Cet étape donne à la maison sa solidité.

Un kit de construction specialement conçu pour auto-constructeur est maintenant disponible; le Modulopaille. Il assure la construction d’une structure solide et de qualité.

Ensuite poser la paille. Différentes techniques existes : en colonne entre des poteaux, dans des cellules ou en ligne dans une double ossature.D’autres encore disposent la paille en quinconce (suivant la technique Nebraska), tandis que l’armature en bois se trouve d’un côté ou de l’autre des murs de paille. L’isolation thermique est posée.

Enfin, la protection de la paille peut se faire de différente manière, soit par des enduits appliqués (enduit terre ou chaux), soit un mortier coulé dans des coffrages temporaires.

La maison ainsi réalisée est prête à affronter le temps.

Tous les constructeurs adaptent certains détails : la construction en paille est très évolutive et laisse place à la création, à l’inventivité. Certains construisent en rond, d’autres arrivent à faire des voûtes en ballots...

Particularités de la construction en paille

Les principaux avantages :

  • Le bâtiment en paille est très économique : il est très isolant (donc, les factures de chauffage sont considérablement diminuées), les matériaux utilisés sont accessibles localement et parfois à bas prix (un ballot moyen coûte environ 1 €, on utilise en général du bois pour la charpente et l’armature; les pierres et la chaux remplacent le béton armé et les autres matériaux industriels, importés parfois de l’étranger !). Surtout, il est très facile de construire soi-même sa maison en paille, or la main-d’œuvre nécessaire pour faire construire sa maison représente environ 75 % du prix. Au final, certains autoconstructeurs s’aperçoivent qu’il est possible de construire une maison "normale (100 m²) pour à peine 20 000 €.
  • La construction en paille est très écologique : elle n’a pas forcément besoin de matériaux industriels ; mais ce n’est pas forcément non plus une cabane de pêcheur ! De plus, le bâtiment est durable (la maison de M. Feuillette est toujours habitée), et quand il arrive en fin de vie (un siècle ? deux siècles ?), il retourne naturellement à la terre.
  • Une maison en paille est très saine (hors aménagement) si elle n’est constituée que d’aucun matériau toxique. Par exemple, un mur en paille peut être enduit de terre, de chaux, coloré en peintures naturelles, sans faire appel à des solvants, des colles, des produits de traitement, des matières synthétiques éventuellement cancérigènes... Malheureusement, l’équipement et l’aménagement apporte toujours son lot de toxiques (tubes pvc, gaines et réseau électrique, mobilier, revètements synthétiques...)
  • La paille compressée en botte, est très isolante, donc elle élimine tous les efforts techniques et financiers pour chauffer et isoler une maison. Il suffit de protéger les bottes par un enduit ou du bois. De plus les enduits intérieurs apporte une inertie thermique importante permettant de garder chaleur ou fraicheur suivant la saison. Enfin, la paille serait aussi un bon isolant phonique, et acoustique (une salle de musique a été construite en France).
  • Elle demande des matériaux disponibles sur tout le globe : la paille (de blé, de riz, de seigle, etc.), du bois, de la chaux, de la terre, et parfois des pierres. Reste évidemment quelques matériaux industriels : verre, conduits électriques et plomberie.
  • Elle est rapide et agréable à mettre en oeuvre, à condition d’avoir un peu d’expérience. Construire soi-même est aussi une expérience inoubliable, et une formation grâce aux chantiers participatifs.
  • Les murs respirent : la paille fait circuler à travers elle l’air et l’humidité à merveille.
  • Les habitants mettent souvent en avant le confort hiver comme été.
  • enfin, les constructions possibles sont très diverses, avec le matériau très fonctionnel qu’est le ballot de paille, vous pouvez réaliser la maison de vos rêves, suivant vos plans, l’architecture qui vous plaît, vous pouvez aussi la modifier plus tard. On peut dire aussi que construire en paille permet de ne faire que quelques étages dans un bâtiment : elle nous oblige à rester les pieds sur terre, à ne pas construire de grands ensembles!

Quelques inconvénients :

  • Constructions limitées à 4 ou 5 étages (à moins de faire l’armature en béton et en acier…), voir un seul ou pas du tout avec la technique Nebraska.
  • Il faut faire attention à ne pas avoir d’eau dans la paille, mais en fait cela n’est pas dur et se répare en général facilement, ainsi que les enduits terre qui sont fragiles si mal protégés.
  • Ne correspond pas aux idées reçues, est l’objet de nombreux préjugés : la paille n’attire en aucun cas les rongeurs ou autres nuisibles, la paille résiste mieux aux incendies que le béton armé (des tests sont disponibles sur Internet), bien conçue, elle reste en place bien plus longtemps que certains batiments en béton (les HLM des années 70 se font déjà démolir aujourd’hui), elle n’est pas un retour en arrière, bien au contraire, elle permet de nombreuses architectures, et va bien plus loin en matière de respect de l’environnement que le "développement durable" ou la norme Haute Qualité Environnementale.
  • La paille est loin d’être démocratisée : il faut souvent se débrouiller pour trouver les matériaux et le soutien, et certaines personnes accrochées aux modes de construction industriels n’ont pas encore pris conscience de l’énorme potentiel de l’utilisation de la botte de paille dans la construction.

Cela répond bien-sur à des problématiques environnementales, mais aussi de confort de santé, de techniques et d’architectures encore aujourd’hui inexplorées.

Voir aussi
Liens Ekopedia
Liens externes

Deux forums spécialisés :

Quelques blogs :

Bibliographie


Murs porteurs en paille : la technique "Nebraska"

Par Matthieu Brunet le lundi, avril 14 2008 - www.maison-paille.net

Il y a plusieurs techniques de construction de maison en botte de paille (en fait, environ 1 par constructeur). La principale et la plus ancienne, je pense, est la technique en murs porteurs, dite "Nebraska", de la région des États Unis où elle s’est développée. Ce n’est pas la technique que j’ai retenue pour ma maison, mais elle est quand même intéressante. Voici en deux mots en quoi elle consiste.

Murs porteurs veut dire que ce sont les bottes de paille elles mêmes qui vont porter le toit et les éventuels étages, par opposition à la technique "ossature bois, remplissage paille", ou c’est l’ossature qui assure ce rôle.
Pour simplifier, c’est comme construire une maison en brique ou en parpaing, sauf que c’est avec des bottes de pailles, et qu’il n’y a pas de mortier : on empile les bottes en quinconce, en laissant l’espace pour les portes et fenêtres, et sur le haut du mur, on pose la charpente, et hop, il n’y a plus qu’à crépir. (bon, dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça, mais le principe est là)

Comme je le disais dans le précédent billet, je pensai au début que cette technique était réservée aux maisons de plain pied. Mais que nenni, la paille résiste très très bien à la compression, et si c’est bien fait, on peut construire des maisons de plusieurs étages. Le tout est de faire des murs bien droits, une lisse haute costaude, et d’appuyer les charges au centre du mur.

Mais malgré tout, cette technique a à mon avis quelques défauts :
- C’est plus difficile de positionner les portes et fenêtres ou on veut. Et il faut respecter une certaine proportion de murs/surfaces vitrées, car si on met trop de fenêtres/baies vitrées, il n’y aura plus assez de mur pour porter la maison. Quand on veut faire du solaire passif, c’est un peu dommage
- On ne peut pas construire le toit avant de faire les murs (remarquez, même en ossature bois, beaucoup de gens font les murs avant le toit), on est donc très sensible aux risques de pluie pendant la construction
- on n’économise pas vraiment de bois, car la lisse haute doit être très épaisse, et consomme donc beaucoup de bois.

Par contre, moyennant qu’on maîtrise bien la technique, c’est un système rapide. J’avais vu un exemple d’une maison construite en 2 jours (murs + toit). Bon, c’était une grosse équipe, genre une vingtaine de personnes, mais quand même.

C’est aussi une excellente technique pour les petits projets, genre cabane de jardin ou maisonnette.

Mais là, moi, pour une maison avec un étage, je me sentais plus à l’aise avec une ossature bois. Et je crois que la plus grande partie des auto-constructeurs en France font comme moi.

La paille sans la poutre !

Construire une maison en paille sans ossature bois
Par Naturavox.fr

Cela peut étonner… mais il est possible de construire des maisons en bottes de paille sans aucune autre structure ou support pour porter le poids de la toiture. Les maisons en paille les plus vieilles au monde ont été construites ainsi, au Nebraska, à la fin du XIXème siècle. Depuis lors, cette méthode de construction, où les bottes de paille, empilées en quinconce portent la toiture, est appelée la technique « Nebraska » ou « murs porteurs ».

Il faut savoir qu’il y avait très peu de bois et d’argile dans cette région des Grandes Plaines. Les pionniers ne pouvaient donc pas construire, en bois, terre et paille, selon leurs habitudes. Les hivers rigoureux, le manque de matériaux de construction et la disponibilité de ce nouveau produit (la paille bottelée) les ont donc incités à innover et mettre au point une technique très efficace, adaptée à la situation locale. Il était alors encore commun de réunir tous ses voisins et cousins pour bâtir ensemble (rapidement), avec ce qu’on appellerait aujourd’hui « de la main d’oeuvre non qualifiée ».

Une méthode toujours vivace

Aujourd’hui, la plupart des maisons en paille sont construites avec une structure en bois car ce squelette permet de construire d’abord le toit et de contreventer la structure de façon à ce que les murs ne risquent pas de se coucher. Les bottes de paille, plutôt considérées comme simple isolant et surface d’accroche pour l’enduit, peuvent ainsi être mises en place sous abri. Cette méthode donne également plus de liberté architecturale et la tenue de la structure est facile à calculer (par le charpentier ou le bureau d’étude).

Cela dit, la construction en murs porteurs est toujours pratiquée car elle aussi a ses avantages. Comme le dit Barbara Jones d’Amazon dans son livre « Building with straw bales » :

« … Cette méthode de construction est la plus simple et la plus plaisante. Elle nécessite peu de savoir faire… et est très accessible… La réalisation d’un travail en équipe est une des principales différences entre cette méthode de construction et toutes les autres. »

La construction d’un mur porteur

Les bottes sont posées sur la lisse basse qui est elle-même fixée sur le soubassement ; une barrière d’étanchéité est placée entre les bottes et la maçonnerie afin de protéger la paille contre l’humidité du sol. Sur le schéma, la bâche imperméable est posée de façon à ce que le soubassement puisse être drainé. Les bottes sont montées à joints décalés (comme les grosses briques) et on accorde une attention particulière aux angles, comme autrefois pour la construction en moellons. Le but est de créer une bonne liaison entre les différents murs en croisant les bottes de paille dans les coins.

Le "Esserhof" de Norbert & Barbara à Lana, Suisse, 2006. Quatre gîtes en grosses bottes réalisés par l’équipe d’architectes Werner Schmidt & Margaretha Schwarz. Un mariage réussi du moderne et du naturel. Un design simple, efficace et luxueux à la fois.

Sur le mur en bottes de paille, on place une sablière (ou chaînage) qui améliore encore la stabilité du bâtiment : avant que la sablière ne soit posée, les murs bougent encore beaucoup. Ensuite, la sablière est fixée aux fondations pour que le toit ne s’envole pas, en cas de grand vent. Sur le schéma, des « broches » en noisetier, font aussi office de corset. C’est une alternative plus laborieuse que les petites sangles souvent utilisées, mais elle a l’avantage de donner plus de rigidité au mur. Sur ce chaînage, on pose la charpente de façon à ce que les charges soient bien réparties. Ensuite les murs seront compressés par le poids de la toiture et il faudra attendre que ce tassement s’arrête avant de pouvoir enduire. Normalement il s’agit de quelques semaines. Ensuite, après avoir « rasé » les murs pour garantir une bonne accroche, on applique trois couches d’enduit. Tout le monde ne peut (ou ne veut) attendre plusieurs semaines et aujourd’hui on utilise souvent des systèmes de pré-compression, permettant de commencer à enduire tout suite après la réalisation du mur.

Quelques variantes

L’avantage technique indéniable des murs porteurs est d’éviter le « conflit » entre l’isolant et la structure (les poteaux, et surtout, le contreventement). Avec ce système, l’isolant EST la structure. Une solution hybride se développe en ce moment avec des poteaux un peu moins hauts que le mur en paille. Placés de chaque côté des ouvertures, ils facilitent leur pose. Après le montage des murs en paille, la sablière est appuyée en force sur ces poteaux par un système de pré-compression (tiges filetées par exemple).

De plus en plus de murs porteurs sont réalisés avec des grosses bottes. Les murs étant plus épais, ils sont encore plus isolants et peuvent prétendre à la construction de maisons passives. Pour un mur de paille de 80 cm d’épaisseur, la résistance thermique (R) est estimée à 10 ; pour un mur de paille de 40 cm, à 6. En comparaison, un monomur terre cuite possède une valeur R = 3. Ces « big bales », comme on les appelle aussi, sont plus larges, mais aussi d’une densité plus élevée que leurs petites soeurs (dites « de moyenne densité ») et permettent des murs plus solides. L’architecte Werner Schmidt** en Suisse, construit cette année une maison de 3 étages en murs porteurs avec ces grosses bottes. Elles nécessitent une grue ou un chariot élévateur, l’auto-construction fait plus souvent appel aux petites bottes.

Une autre idée ingénieuse et originale vient du Danemark où le toit est parfois construit sur des cales posées… par terre ! C’est bien plus simple, rapide et moins dangereux que de travailler en hauteur. Quand les murs et la toiture sont tous les deux prêts, ce « chapeau » est hissé sur les murs par une grue.
C’est vrai, la construction des murs porteurs est un savoir-faire que tout le monde, ou presque, peut s’approprier. Ceci dit, il est toujours conseillé, avant de lancer la construction de son château de rêve, de bien se former, de s’entraîner en construisant un petit bâtiment (genre abri de jardin/garage) et aussi de se faire entourer par des professionnels quand l’ampleur et la technicité du projet dépassent ses capacités.

Et comme prévient un slogan d’Amazon Nails : « Attention ! La construction en bottes de paille (porteuses) peut complètement transformer votre vie. Et cela peut être très plaisant ! »

Avantages et inconvénients de la construction en murs porteurs
Avantages

* Une méthode de construction simple et accessible
* Facile à concevoir par les non professionnels en suivant des règles de base abordables.
* Possibilité de conceptions variées, depuis la maisonnette jusqu’à la maison avec étage (2), en suivant une approche « étape par étape » simple.
* Courbes et arrondis sont faciles à obtenir avec peu de dépenses supplémentaires.
* Idéale pour les auto-constructeurs par sa simplicité, sa facilité de conception, son accessibilité et son faible prix.
* La paille permet une grande souplesse et les erreurs peuvent être rectifiées pendant la construction.
* De nombreuses formes architecturales sont possibles
* C’est rapide !

Inconvénients

* La paille doit être gardée au sec pendant toute la durée de la construction jusqu’à ce qu’elle soit recouverte d’enduit. Cela peut s’avérer très difficile pendant la construction d’un grand bâtiment ou si le chantier s’éternise.
* Les ouvertures pour les portes et fenêtres ne doivent pas dépasser 50% de la surface d’un mur.
* Les bottes doivent être denses, de qualité constante et bien mises en place car ce sont elles (et l’enduit) qui portent les charges et qui assurent la résistance au vent et aux tremblements de terre
* La conception et construction de maisons en murs porteurs avec étage, avec des petites bottes de paille, n’est (à mon avis) pas conseillée aux débutants.

Littérature conseillée

« Petite Botte de Paille - maisons naturelles : projets et conceptions » Traduction française par Odile Bruder de "Small Strawbale", 212 pages, par Bill Steen, Athena Swentzell Steen et Wayne J. Bingham - Edité par La Maison en Paille & Goutte de Sable, 2007 Disponible sur www.lamaisonenpaille.com et en librairie

« Bâtir en Paille - Guide pratique de la construction en bottes de paille, les enduits en terre & chaux » Par André de Bouter - Edité par La Maison en Paille, 2004 - Disponible sur www.lamaisonenpaille.com et en librairie

« Construire en Paille Aujourd’hui » Par Astrid & Herbert Gruber - Edité par Terre Vivante, 2003 - www.terrevivante.org

Sur la toile

Les contacts et la documentation sur la construction en paille www.lamaisonenpaille.com

Le Réseau Français de la Construction en Paille www.compaillons.fr
Le site d’Amazon Nails www.strawbalefutures.org.uk
Des images et une vidéo d’un mobile home en paille sur www.homegrownhome.com
Les réalisations en grosses bottes de l’architecte Werner Schmidt :
www.atelierwernerschmidt.ch/realisiert.html et www.esserhof.com/en/strohballenhaus.html

Vidéos

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Construction alternative - Maison en paille - 40min
Une maison en paille - 6min

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Construire en paille
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Immobilier et petit cochon : la maison en paille écologique - Extrait journal télé - 2min
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