Les Nouvelles Richesses

Les Nouvelles Richesses

Collectif Les Nouvelles Richesses
Caracoleando (Comme des escargots qui caracolent.)
Réseau Sol ou Réseau Sol (Expérimentation d’une monnaie complémentaire, d’utilité écologique et sociale.)
Produit Intérieur Doux
Économie Sociale et Solidaire

Caracoleando

Voir le site : Caracoleando

«Caracol» comme «escargot» en espagnol. Comme des escargots qui caracolent. Comme le bout de chemin à construire en se supportant les unEs les autres en direction de nos utopies. Un boulot obstiné dans sa lenteur, en spirale, un peu «baveux» comme on dit au Québec, en direction de là où nos antennes nous mène.



Pour un autre regard sur la richesse !

(jeudi 16 mars 2006)

Monde Riche ??

Aujourd’hui dans le monde, 33 000 enfants meurent chaque jour de maladie ou de malnutrition. Pourtant, les chiffres du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le Développement) sont éloquents : Il faudrait environ 50 milliards de dollars de plus par an pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable et à l’éducation de base pour tous, combattre les grandes épidémies… alors que l’on dépense 10 fois plus pour la publicité…

Dans le monde, 2,8 milliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour. A coté de cela, les 7 plus grosses fortunes possèdent ensemble plus que le PIB total des 49 pays les "moins avancés’’, soit 650 millions d’individus.

Notre environnement est lui aussi menacé : selon la FAO, plus de 100 000 tonnes de déchets chimiques toxiques, dérivés de pesticides inutilisés ou périmés sont laissés à l’abandon. Ils représentent une menace durable et de plus en plus sérieuse pour les populations et l’environnement en Europe de l’Est, Afrique, Asie, Moyen-Orient et Amérique latine. Autre enjeu global, le réchauffement climatique actuel : si il est difficile de prévoir quelles en seront les conséquences exactes, il est désormais clair qu’il est le résultat des activités humaines.

En France, on produit aujourd’hui 60 % de richesses de plus qu’il y a vingt ans. Le Cac 40 a doublé, et le nombre de grandes fortunes n’a jamais été aussi élevé. Quoi qu’on en dise, l’économie se porte bien ! Ce n’est pas la crise pour tout le monde...

En France, 10% de la population (les plus riches) perçoit près d’un quart de l’ensemble des revenus, tandis qu’à l’autre extrémité, les 10% les moins riches n’en perçoivent que 3%. Cet écart se creuserait plus encore si l’on tenait compte du patrimoine détenu. Bénéficiaires du RMI, salariés pauvres et SDF semblent n’avoir jamais été si nombreux, et la précarité s’étend.

L’étau de la croissance.

Et ainsi, tous les 6 mois, tout le monde retient son souffle pour savoir quelles seront les perspectives de la Croissance pour le prochain semestre…. La Croissance serait la solution à tous ces problèmes, chômage, trou de la sécu, pauvreté….

Mais cette croissance dont on nous bat les oreilles, c’est la croissance du PIB, le Produit Intérieur Brut, c’est-à-dire tout ce qui donne lieu à des échanges monétaires, ce qui s’achète et qui se vend. Et donc, à coté de la satisfaction de nos besoins les plus vitaux, la Croissance embarque pêle-mêle des activités comme les réparations de catastrophes écologiques, AZF ou naufrages de pétroliers , les ventes d’armes, les dépenses de publicité, la consommation de tranquillisants, la dépollution de l’eau pour la rendre potable. Tout est "bon" pour la Croissance, du moment que cela donne lieu à des flux monétaires. Peu regardante sur ce qu’elle additionne, la Croissance oublie par contre toutes les activités humaines qui ne donnent pas lieu à des dépenses monétaires : entraide, vie associative, temps passé avec nos enfants et attention aux anciens, …

Alors finalement, c’est quoi la richesse d’une société ?

Souhaite-t-on une société où la principale boussole est celle du chiffre d’affaires, et où l’on accepte des inégalités de revenus de plus en plus criantes ?

Une société où les dégâts écologiques ne viennent jamais remettre en cause la logique de la course aux profits ?

Souhaite-t-on une société où les dépenses de santé sont très élevées ou une société dont les personnes sont en bonne santé ?

Souhaite-t-on une société où les loisirs ne sont "bons" que si ils entraînent des dépenses, ou choisit-on la douceur de vivre ?

Et ainsi de suite...

Le PIB et la Croissance sont bien loin de mesurer l’amélioration du bien-être d’une société et du "bien-vivre" des individus. Ce ne serait pas si grave si cet indicateur se cantonnait à ce qu’il est, un regard sur les activités économiques. Mais son omniprésence dans les esprits en fait le raisonnement principal, affecte notre quotidien, empêche d’autres regards …

La santé par exemple n’est abordée que comme une dépense, alors qu’elle devrait être traitée en termes d’investissement sur l’être humain. Mais la prévention est moins productrice de "croissance" que la réparation… Et les dégâts de la pollution ou du stress au travail sur la santé, par exemple, ne sont jamais comptabilisés en négatif dans le chiffre d’affaire des entreprises…. oubliant que ce sont les humains et les conditions écologiques qui constituent les conditions de toute activité.

Il est possible de changer les règles du jeu.

Construire de nouvelles boussoles, centrées sur l’être plus que sur l’avoir, se préoccupant certes du pouvoir d’achat, mais aussi de l’espérance de vie, de l’accès au savoir, à la santé…de la possibilité de se réaliser pleinement. Des boussoles où ce qui compte, c’est chaque être humain. Une économie au service de l’humain et non l’inverse.

(Un seul exemple, mais il en existe bien d’autres, l’indicateur de développement humain (IDH), proposé par le PNUD – et s’inspirant des travaux du prix Nobel d’économie Amartya Sen - considère trois critères essentiels : l’espérance de vie, le niveau d’instruction et le revenu.)

Il est urgent de changer notre regard sur ce qui fait la richesse d’une société.

Reprendre pouvoir sur nos propres vies, sur ce qui fait valeur pour nous. Se construire, personnellement, collectivement, sur une vision du monde ancrée sur l’humain, où chaque personne a sa place. Et le faire avec tous ceux qui sont les plus touchés par cette dérive de notre société.

On veut du neuf ! Si, pour vous aussi, ce qui compte n’est pas forcément ce qu’on compte, il faut que ça bouge…

Marquez le coup, signez cet appel.

Entrez dans la dynamique :

- Faites circuler l’appel, suscitez le débat…
- Reconsidérez, là où vous êtes, vous travaillez, vous vivez, votre regard sur la richesse, l’apport en richesse des uns et des autres…

- Rejoignez le collectif : avec vos réflexions, questions, actions.

- Participez aux dynamiques en cours sur les thèmes qui vous intéressent, proposez des chantiers de travail :

Quels indicateurs pour quelles richesses ? Face au constat d’une cruelle absence de repères formalisés pour prendre en compte, dans le territoire, des richesses produites à travers des services et des actions menées au plan local et dans une optique de développement humain et d’économie solidaire.

"Reconsidérer la monnaie" : redonner à la monnaie sa principale fonction de facilitation des échanges et de l’activité entre les êtres humains, la construire comme un moyen et non pas comme une fin, en cohérence avec les enjeux écologiques et sociaux.

D’autres chantiers démarrent, comme autour de la thématique "Croissance, décroissance", ou de "Campagnes civiques" dans le droit fil du droit d’initiative civique que nous revendiquons.

D’autres encore sont à proposer….

SIGNER l’appel : c’est par ici

Liste générale des signataires :c’est par là

contact@collectif-richesses.org

www.collectif-richesses.org




SOL

Le SOL en France. Le SOL est un système d’échanges complémentaires, qui s’expérimente dans 7 régions françaises : Alsace, Aquitaine, Bretagne, Ile de France, Midi-Pyrénées, Nord Pas de calais et Rhône Alpes. Le SOL est un outil pour développer des échanges qui ont du sens : Des échanges marchands à (…)
Conférence de Patrick Viveret « une nouvelle approche de la richesse, pour un développement humain soutenable »
Le philosophe Patrick Viveret a animé la conférence-débat organisée par l’équipe d’animation du SOL, le mardi 25 novembre à la Maison du tourisme de Grenoble. Une intervention d'une heure à écouter et visionner.

Synthèse :

Plus de 160 personnes se sont déplacées ce soir là pour la conférence-débat. « Il a mis des mots sur tout ce que je pensais », m’a-t-on glissé à l’oreille au moment de partir. Malgré une fin qui s’est accélérée pour libérer les locaux de l’office du tourisme, la soirée reste, pour la pluspart, synonyme de prochains rendez-vous avec le SOL !

Les politique locales engagées dans la démarche SOL

Pour Abderrhamane Djellal, si les inégalités s’accentuent dans le monde, elles s’accentuent aussi en France. C’est pour cette raison que la Ville de Grenoble soutient le projet SOL, et en particulier le SOL engagement : lutter contre la pauvreté à l’échelle locale, en créant de nouvelles formes d’échanges et en développant la solidarité entre les individus.

« Le rôle du politique, c’est d’accompagner, de soutenir et d’encourager ce type de projet », nous confie Morad Bachir-Cheriff. En effet, la METRO est très fortement impliquée et couvre 70% des financements du projet SOL sur l’agglomération grenobloise.

« Nous vivons un moment historique »

Vous avez dit démesure ? Patrick Viveret, en effet, nous explique que la crise que nous traversons est un moment historique, qui fera parler d’elle dans le futur ! Démesure des inégalités de richesse entre les individus, de l’écart entre économie réelle et spéculative, de notre relation à la consommation, de l’écart entre les résultats de notre PIB et… de la santé sociale. Selon Patrick Viveret, nos sociétés en pleine mutation sont donc malades. Quand on ne peut traiter ces crises séparément, il se demande si la redéfinition du concept de richesse, et de tous ses outils de mesure, n’est pas un premier pas vers la guérison…

De nouveaux thermomètres !

Nos indicateurs de richesse, comme le PIB, ont été mis en place après la seconde guerre mondiale. Compte tenu du contexte, il est aisément compréhensible que les indicateurs soient principalement économiques, dans une logique de reconstruction et de production industrielle massive des pays.

Cependant, aujourd’hui, nos sociétés ont changé et n’ont plus les mêmes centres d’intérêts. Les questions écologiques, par exemple, ne peuvent plus être ignorées. Ainsi, la situation historique n’est plus la même, et nos indicateurs n’ont pas changés ! « Nous sommes en situation de contradiction avec nos objectifs actuels », nous explique Patrick Viveret.

La monnaie au service des humains ?

« L’inventeur du marketing est le neveu de Freud », plaisante le philosophe. En effet, nos sociétés sont dépressives et les individus, êtres de désir et d’angoisses, recherchent à s’épanouir par tous les moyens. Les publicitaires l’ont bien compris et profitent du mal-être de la société pour remplacer le désir profond de l’être par celui de consommation, donc de l’avoir.

Ainsi, dans nos sociétés, posséder de l’argent est une façon de lutter contre la mort, nous précise Patrick Viveret, car la monnaie est en quelque sorte fétichisée.

Il voit dans la démarche de création de monnaies complémentaires et d’indicateurs de richesse le rééquilibrage de la démesure, et le développement d’un nouveau rapport à la richesse. Cette pensée vise à replacer la monnaie comme un moyen, et non comme une fin. Par exemple, avec le SOL engagement, on fait réapparaître les richesses invisibles, comme l’aide aux personnes âgées ou encore le soutien scolaire, et on les met en circulation. Le SOL coopération, quant à lui, est ce que pourrait être l’euro dans une perspective de développement durable, d’utilité écologique et sociale.

« Il nous faut apprendre à nous aimer comme des frères et sœurs ou à mourir comme des imbéciles » Martin Luther King

Frédéric Girard, Soligren et Marc Garnier, Alp’papier, témoignent de leurs convictions, et des motivations qui les ont fait adhérer au réseau SOL à Grenoble. Si l’on observe que les échanges en SOL vont bon train – plus de 800 échanges en 1 an à Soligren – on remarque également que la monnaie SOL est un moyen de revendiquer ses valeurs. Marc Garnier le dit si bien : « une solution pour combattre cette économie de marché, c’est de se raccrocher au Sol »…



P.I.D. Produit intérieur doux

Voir le site : Produit Intérieur Doux
Produit intérieur doux, ça vient d’où ?

Produit intérieur doux contre Produit intérieur brut, dollars vitaux contre dollars gonflables : l'expérience du carrefour des savoirs sur les finances publiques au Québec.

Le Carrefour des savoirs sur les finances publiques constitue une initiative originale pour remettre en cause la façon de comptabiliser la richesse d'un pays.

En 1997, revendiquant une réforme de l'aide sociale, des groupes de Québec organisent un Parlement de la rue et campent pendant un mois devant l'Assemblée nationale. Bernard Landry, alors vice-premier ministre, est le dernier représentant du gouvernement à se présenter au Parlement de la Rue. Les personnes présentes le mettent au défi d'entrer en dialogue avec des personnes qui vivent la pauvreté.

Il accepte. Dans les semaines qui suivent, le Carrefour des Savoirs est constitué. Des rencontres ont eu lieu en 1998 et 1999, avec le ministre et les fonctionnaires qui préparent le budget du Québec. Au croisement de l'expertise des personnes qui connaissent la pauvreté, et de l’expertise de ceux qui connaissent la mécanique budgétaire et économique des finances publiques, de nouveaux concepts apparaissent qui expliquent ce qui est évident dans la vie des plus pauvres et qui est absent des outils comptables étatiques.

Ainsi, face au Produit intérieur brut (PIB), le groupe a inventé le Produit intérieur doux (PID). Face à la Dépense intérieure brute, il y a la Dépense intérieure dure (DID), face aux dollars vitaux, il y a les dollars gonflables.
Doucement ces concepts font leur chemin. Ils contribuent au débat public et à l'appropriation des mécanismes de finance publique par les citoyens, notamment lors de campagnes pré-budgétaires.

La mobilisation du collectif (rédaction d'une proposition de loi à partir des réflexions et suggestions de milleurs de personnes, et l'appui de plus de 215 307 personnes et 1600 organisations) a été décisive dans l’obtention d’une loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 13 décembre 2002, elle dicte au gouvernement d’agir pour faire du Québec d’ici 2013 l’une des nations industrialisées où il y a le moins de personnes pauvres.
L’obtention de la Loi a été un premier pas, mais il reste du chemin à faire, et le Collectif continue son action, avec analyses, bilans de l’action gouvernementale et proposition de mobilisations.

Ainsi l’appel à la mobilisation collective pour les 5 ans de la Loi pour un Québec sans pauvreté : « Bâtir un Québec sans pauvreté » est une nouvelle campagne de mobilisation pour démontrer à l’Assemblée nationale notre volonté commune de faire du Québec une société sans pauvreté et l’engager, au nom des droits humains, à combattre la pauvreté, ici, dès maintenant.

Produit intérieur doux :

En cherchant à comprendre ce qu'était le Produit intérieur brut, les participants du Carrefour des savoirs ont réalisé qu'une partie seulement de la production de richesse donne lieu à des échanges monétaires et que seule cette partie est comptabilisée. C'est pourquoi, il a complété l’indicateur PIB d’un Produit intérieur doux (PID), qui prend en considération toutes les contributions, non monétaires, non monnayées et/ou non monnayables qui participent la richesse humaine et collective. On peut alors classer les activités de la vie courante dans le PIB ou le PID…. La prise en charge d'un malade à l'hôpital va dans le PIB, en prendre soin à la maison va dans le PID. Une majorité de la richesse produite par les femmes, les personnes sans emploi, les enfants, les retraités… relève du PID. Ainsi, une personne sans emploi ou sous-payée donne l'impression de ne pas contribuer à la richesse en raison de la faiblesse de ses revenus, mais dans une conception élargie de la richesse, elle peut y contribuer de manière comparable à un PDG d’entreprise.

Dépense intérieure dure :

En regardant de plus près la formation du PIB, les participants du Carrefours des sa-voirs ont compris que le PIB pouvait se calculer en additionnant soit les revenus, soit les dépenses effectuées par la société. Cela s'appelle alors la Dépense intérieure brute. Là encore, la méthode laisse à désirer: l’idée d’inventer la dépense intérieure dure (DID) est de comptabiliser chaque fois qu'il y a un coût pour la vie et la vitalité des gens, de la société ou de la planète. Ce coût jusqu’à présent n’est pas comptabilisé. Lorsqu’une personne perd sa santé faute de moyens pour se payer un médicament, c'est de la Dépense intérieure dure… Parfois, la DID ressurgit dans les flux monétaires et s'inscrit dans la Dépense intérieure brute. Une personne très affaiblie qui devient malade et doit être hospitalisée coûte cher. Si la personne meurt, son histoire ne contribue pas aux statistiques économiques, mais le déficit humain n'en sera pas moins réel…

Dollars vitaux contre dollars gonflables :

Prenant à contre pied la remarque du ministre Landry "un dollar est un dollar", le groupe a défini trois « couches » de dollars dans le revenu. Les premiers dollars sont les dollars vitaux, servant à la couverture de besoins essentiels. La couche suivante, celle des dollars fonctionnels, permet de fonctionner, de vivre et de bien vivre. Mais il y a un plafond à ce qu'on peut dépenser pour vivre confortablement. Le reste, ce sont les dollars excédentaires et gonflables, puisque avec ces dollars on peut en faire d'autres, en spéculant (investissement, actionnariat, prêt). Cette distinction permet de démontrer qu’un dollar rajouté à un dollar vital a une utilité plus grande qu'un dollar ajouté sur un dollar gonflable : le premier sert à maintenir la vie. De plus, cette hiérarchie met en évidence "l'utilité marginale décroissante du dollar dans le revenu".
Par ailleurs, les dollars vitaux sont surtout des dollars locaux : ils seront dépensés dans l'économie locale, pour acheter des biens et des services de base. Les dollars gonflables sont plutôt des dollars fuyants: on les investira là où est le meilleur rendement…
Le Carrefour des savoirs a alors posé la question cruciale: où placer les priorités et les seuils collectifs entre dollars vitaux, fonctionnels, excédentaires afin de tenir compte de leur valeur d'utilité différente ?

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