Into the wild

Into the wild

http://www.trekmag.com/News/232-into-the-wild-avant-ou-apres-le-film.html

10/01/08 par : Jocelyn Chavy


Il avait renoncé au rêve américain. Pour vivre une aventure extrême. En 1992, le corps d'un jeune homme est découvert dans un bus abandonné en Alaska, au pied du mont Mckinley, loin de tout lieu habité. Fils de bonne famille, Chris McCandless aurait dû en toute logique devenir un américain bien tranquille à l'avenir tout tracé. Mais, dès l'obtention de son diplôme universitaire, il décide de partir à l'aventure. Après avoir fait don de ses économies à une œuvre humanitaire et brûlé ses cartes de crédit, il entame son périple sous un nom d'emprunt avec sa vieille voiture, qu'il abandonnera un peu plus tard. Il sillonne le sud des Etats-Unis, subsistant grâce à de menus travaux, avant de réaliser son grand projet: s'installer au cœur de l'Alaska, seul, en communion avec la nature. Mais on ne s'improvise pas trappeur, ni homme des bois... Ce parcours dramatique d'un jeune homme qui a voulu vivre jusqu'au bout son impossible idéal est retracé par Jon Krakauer, l'auteur du best-seller tragédie à l'Everest. Livre-culte dans le monde entier, aujourd'hui réédité à l'occasion du film tiré du livre, Into the Wild a d'emblée fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique américaine.
Into the wild, voyage au coeur de la solitude, Jon Krakauer, Presses de la Cité, 19 €.





Christopher Mc Candless décide de se retirer de la société. Fuite de la famille, de la civilisation, du matérialisme, de l’argent, de la vanité et quête de nature et d’Alaska : le jeune homme entreprend un voyage initiatique à rebours où il cherche à déconstruire son être social. Malgré des longueurs inutiles et une mise en scène parfois pesante, Sean Penn livre une véritable odyssée dépourvue de naïveté idéaliste mais empreinte d’une mélancolie solitaire et profonde. Avec des décors d’une grande beauté et des acteurs à la hauteur du sujet (remarquable Emile Hirsch), Into the wild (r)ouvre en nous la déchirure originelle et mal cicatrisée entre nature et culture.

Anne Akric



http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/01/08/into-the-wild-derriere-la-camera-sean-penn-s-enivre-de-nature_996993_3476.html

Le dangereux agitateur a été pris d'un accès bucolique. Avant de présider le jury du 61e Festival de Cannes, Sean Penn a fait, en guise de quatrième film, son retour à la nature. Into the Wild est adapté du récit que le journaliste américain Jon Krakauer a fait de la vie de Christopher McCandless qui s'essaya à la survie en milieu sauvage, quelque part en Alaska.

Diplômé de l'université d'Emory (Géorgie) en 1990, McCandless a brusquement déserté la bonne société sudiste (son père était ingénieur à la NASA) dans laquelle il avait été élevé. Après avoir fait don des 24 000 dollars de son trust fund à l'ONG Oxfam, il a disparu, laissant sa famille sans nouvelle. Le fugitif a pris le pseudonyme d'Alexander Supertramp et sillonné l'ouest des Etats-Unis avant de partir vers l'Alaska. Ce lecteur de Tolstoï et de Thoreau voulait passer l'épreuve de la vie solitaire dans la nature. Le 28 avril 1992, un automobiliste le déposait à l'entrée d'une piste entre Fairbanks et Anchorage.

La conclusion de cette aventure solitaire a fait la "une" des journaux américains mais Sean Penn refuse d'en faire le creuset de son film. Into the Wild n'est pas une tragédie mais une ode à cette tradition américaine de la route qui va de Lewis et Clark à Jack Kerouac. Alternant la narration des quatre mois que McCandless a passés en Alaska et des croquis de sa vie sur la route, le réalisateur prend un plaisir extatique à filmer les paysages américains, avec pour acolyte le chef opérateur français Eric Gauthier, qui a fait ses preuves de routard sur le tournage des Carnets de voyage, de Walter Salles.

En chemin, McCandless réconcilie deux vieux hippies dont le couple va à vau-l'eau, se fait presque adopter par un retraité solitaire et suscite le désir d'une fille aussi belle que jeune. Tels que Penn les met en scène, ces rencontres ressemblent toutes à la visite que l'enfant Jésus fit aux docteurs du Temple.

On ne comprend jamais pourquoi un être aussi doux et aimable fuit la compagnie de ses semblables. Seuls les parents du rebelle, traités sans douceur à coups de flash-back, peuvent justifier sa misanthropie. Cette opacité du personnage tient sans doute aux limites de l'interprète principal, le jeune Emile Hirsch. Capable de communiquer l'exaltation qui saisit McCandless lorsque celui-ci décide de descendre le Colorado jusqu'au golfe du Mexique, il ne laisse rien passer de ce qui a mené son modèle au bout de la piste.







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