Élisabeth Feytit, métacognition

Élisabeth Feytit et la métacognition

Et si on se demandait pourquoi on pense ce qu’on pense ?
La métacognition (penser à ce qu’on pense) c’est choquant, vous allez voir !

=> La pensée critique appliquée à soi.

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Présentation

« Méta de Choc, est un jeu de mots qui joue avec l’idée d’état de choc mais avec "méta" comme "métacognition". Comment la métacognition peut nous faire réaliser des choses choquantes sur la manière dont nous pensons et sur certains de nos biais. »

Élisabeth Feytit est productrice, auteure et monteuse de films documentaires proposant une exploration rationnelle et curieuse de nos mécaniques mentales.

Voici la présentation qu’elle fait sur metadechoc.fr :

Élisabeth Feytit, Méta De Choc

« BIENVENUE !

Inlassable observatrice de la vie, autrice et documentariste, je suis passionnée de métacognition (la réflexion sur notre pensée).

​J’ai créé cette plateforme parce que j’aurais aimé trouver sur Internet un tel espace de partage, de questionnement et d’auto-éducation au sujet de ce qui se passe dans notre tête.

À mon sens, une pensée critique de qualité passe forcément par le fait de comprendre la manière dont on pense, et de la questionner.

​Je vous invite donc à un voyage au-delà des évidences ; à une exploration de nos condition-nements mentaux : culturels, religieux, familiaux, idéologiques ou biologiques.

Et je vous encourage à vous demander : mais pourquoi est-ce que je pense ça ? Pourquoi est-ce que j’agis comme ça ? D’où me vient ce réflexe, ce schéma répétitif ?

​Nous avons tous des croyances sur nous-même, les autres, l’amour, le succès ou l​e sens de la vie. D’où nous viennent-elles et pourquoi y tenons-nous tant ? Réalisons-nous à quel point certaines de ces croyances ne nous appartiennent pas et nous font souffrir dans notre vie quotidienne ?

​Mon souhait avec Méta de Choc, c’est de vous offrir un lieu où exprimer et cultiver une jolie curiosité vis-à-vis de votre esprit et celui de vos semblables. De vous faire découvrir des modes de pensée (personnels ou communs à tous) dont vous n’aviez pas idée. Et même, de vous donner envie de questionner l’identité qui semble vous définir.​

​Laissez-vous surprendre ! Revenez picorer ici régulièrement et n’hésitez pas à commenter les publications aussi ; le dialogue, ça aide à réfléchir.

​Bonne exploration !

​Élisabeth Feytit.​ »

Elisabeth Feytit

Podcasts

Analyse

Entretiens avec des experts sur nos fonctionnements cognitifs

  • Chroniques de la spiritualité contemporaine Ésotérisme / New Age - Loi de l'attraction, pensée positive, soins énergétiques, féminin sacré…
  • Contes et légendes de l'intelligence Haut potentiel intellectuel / Croyances - Doués, surdoués, précoces, personnes à haut potentiel, zèbres, prodiges, EIP, HPI… Qui sont-ils vraiment ?
  • Émotion et rationalité Psychologie / Neurosciences - La métacognition nous réapprend que l'émotion et la rationalité forment un tout indivisible.
  • Les hommes, les femmes, mars et vénus Biologie / Stéréotypes - Quelles sont les différences psychiques innées entre les hommes et les femmes ?
  • L'astrologie, ça marche !… trop. Ésotérisme / Astronomie - Quand on parle d’astrologie, deux camps s’affrontent. Et si le croyant et le sceptique avaient tous les deux raison ?
  • Médium ou mentaliste ? Manipulation mentale / Biais cognitifs - L'art de la manipulation mentale nous en apprend un rayon sur nos biais cognitifs et notre vulnérabilité à l’embobinage en règle.
  • Trop militant•e pour être honnête ? Militantisme / Sujets sensibles - Comment faire usage d’esprit critique face à des sujets qui nous mettent tellement en jeu que notre raisonnement se brouille ?
  • Qu'est-ce qui se passe dans la tête des homos ? Homosexualité / Identité - La sociologue Émilie Morand nous dit tout sur l'identité homosexuelle dans les sphères privée et professionnelle.

Témoignages

Récits de pensée critique appliquée à soi

  • Voyance : entre lumière et ténèbres
  • L'homme qui avait des pouvoirs
  • Reiki, tantra et emprise mentale
  • La pensée critique appliquée à soi
  • Confidences d'une ex-gourou
  • Une vie en anthroposophie
  • De l'ostéopathie à la spiritualité new age
  • La zététique rend-elle insensible ?

Documentaire à propos d’une ex-gourou !
…bientôt sur vos écrans

Source sur Métadechoc

Jessica Schab, alias Jessica Mystic, a contribué à la diffusion de la spiritualité New Age à travers le monde. Aujourd'hui sceptique, elle s'exprime sur les dangers de croyances qui lui furent un jour si chères.

Voici mon entrevue filmée avec elle, réalisée à la suite de notre semaine de tournage au Canada pour le film documentaire "Confession d'une ex-gourou" sur son parcours personnel d’ancienne guide spirituelle.

Interview d’Élisabeth Feytit par Jessica Schab

Source (youtube) : Shocking, épisode 8 sur Méta de choc
(Texte extrait depuis les sous-titres français d’Élisabeth Feytit et adapté à cette page. En espérant qu’il n’y ait pas trop d’erreurs…)



Bonjour à tous ! Ce programme est en anglais mais laissez-moi dire quelques mots à mon public francophone. Cliquez en bas à droite de la vidéo pour un sous-titrage en français ou en anglais.

Bonjour à tous ! Nous voilà de retour à Vancouver dans la même série que ma précédente interview de Jessica Schab, ancienne gourou de la spiritualité New Age et personnage principal du film documentaire que nous faisons ensemble sur son parcours hors-norme.

Jessica est présentatrice d’une émission de radio basée à New York WBAI et elle a profité de ma présence pour faire une interview de moi. C’est donc à mon tour d’être passée à la moulinette.
Croyances, esprit critique et métacognition, je vous dis tout sur ce qui me motive dans mon travail de documentariste et de podcasteuse.

Cette conversation a été filmée, profitant de la présence de mon chef opérateur.

Si vous êtes en train d’écouter cette émission sur votre application de podcast préférée, ApplePodcasts, Spotify, PodcastAddict ou Deezer, je vous encourage à nous rejoindre dès maintenant sur la chaîne YouTube du même nom.

Cette interview en anglais a été sous-titrée par mes soins en français et en anglais. Cliquez en bas à droite de la vidéo.

Vous êtes prêts ?
On y va !

 Jessica Schab : Merci Élisabeth Feytit de participer à notre émission !

 Élisabeth Feytit : Merci à toi, Jessica !

 JS : Tu es productrice de documentaires et tu animes depuis peu le podcast Méta de Choc.

 ÉF : Tout à fait. Je viens de lancer un podcast en français. Méta de Choc, est un jeu de mots qui joue avec l’idée d’état de choc, mais avec "méta" comme "métacognition". Comment la métacognition peut nous faire réaliser des choses choquantes sur la manière dont nous pensons et sur certains de nos biais.

Jusqu’à présent, j’ai réalisé quatre épisodes.
Et ça va plutôt bien, je suis contente.

 JS : Cool. On va en reparler. Mais avant ça, les films documentaires que tu fais sont très particuliers. Ils parlent tous de pensée critique, de métacognition, n’est-ce pas ?

 ÉF : Oui, ce sont les sujets qui m’intéressent.

 JS : Qu’est-ce qui t’a attirée vers ces sujets ?

 ÉF : Avant cela, je produisais principalement des films sur l’art et l’histoire Je m’intéressais déjà à la psychologie et au fait de connaître les gens et de me connaître moi-même, de mieux communiquer avec les gens et de mieux me connaître.

C’est ensuite que j’ai entendu parler de métacognition, qui consiste à réfléchir à la manière dont on pense et dont les gens pensent collectivement et individuellement, car chaque personne est différente évidemment.

Ce sujet m’a passionnée ! Je l’ai découvert au moment où je t’ai rencontrée au Portugal Et depuis, je me suis vraiment concentrée sur ça parce que je pense qu’il est très important que les gens soient encouragés à réfléchir à ça. On n’est pas habitués à faire ça à observer et questionner la manière dont nous pensons. On connaît la psychologie, on connaît les croyances mais on ne va pas disséquer ni même observer nos réflexes ou notre manière de penser ou de réagir.

 JS : Pourquoi, à ton avis, les gens ne le font-ils pas ? Ça pourrait sembler évident de le faire, non ?

 ÉF : Je ne pense pas. Si tu n’y es pas éduquée, tu n’auras pas le réflexe de le faire. Je veux dire, on peut en être curieux mais s’observer ne suffit pas si tu n’as pas de méthode pour disséquer ce que tu peux observer. Tu peux tourner en rond pendant longtemps en ressassant sans vraiment comprendre ce qui se passe dans ta tête. Tu peux identifier des choses sans vraiment les comprendre.

Aujourd’hui, il y a énormément de nouvelles infos à ce sujet grâce aux avancées des sciences cognitives, particulièrement, et des neurosciences aussi. On sait de plus en plus de choses sur la manière dont on pense et sur nos biais. C’est assez nouveau en fait. Quelques décennies seulement et les neurosciences aident aussi.

Donc, c’est nouveau et je pense que nous devons y être éduqués Nous devons avoir le réflexe et l’intérêt et la curiosité d’aller dans ce sens.
Aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose qui est mis en avant à l’école ou même en famille. Ce n’est pas quelque chose d’important dans nos sociétés actuelles, je pense.

 JS : Tu dirais que c’est compliqué à pratiquer ?

 ÉF : Appliquer la métacognition à mes pensées ?

 JS : Oui, de l’appliquer.

 ÉF : Je ne dirais pas que c’est compliqué… Moi, je trouve ça passionnant parce que j’aime beaucoup explorer mon esprit, j’aime beaucoup essayer de comprendre ce qui se passe, que j’aille bien ou que je sois triste, par exemple ou que j’ai du mal avec un truc.
C’est vraiment un outil pour moi qui me permet de moins souffrir parce que quand je suis confrontée à quelque chose de difficile, je peux avoir cette vision extérieure, tu vois, et m’observer moi-même en train de souffrir, en fait tout en essayant de comprendre ou de nommer ce qui se passe. Pourquoi suis-je triste ? Qu’est-ce qui se passe ? Est-ce que c’est clairement lié à ce qui me préoccupe ? Ou est-ce autre chose ? Peut-être qu’il y a autre chose. Peut-être que c’est mon éducation en lien avec cette chose, la manière dont je l’interprète par exemple, ou peut-être qu’il y a autre chose en tâche de fond qui n’est pas vraiment conscient.

C’est vraiment quelque chose que j’adore faire et j’ai de très bons résultats avec ça en fait parce que… D’abord, ça te permet cette observation extérieure, qui rend les choses bien moins dramatiques. Tout à coup, tu les vois comme si c’était un film de fiction et tu n’es pas totalement submergée.

 JS : Plutôt que de le prendre personnellement ?

 ÉF : Voilà.
Ensuite, lorsque tu observes les choses et que tu essaies de les comprendre avec un regard critique et que tu te rends compte que c’est un biais cognitif, par exemple ; un biais parfaitement humain ou un schéma que tu répètes à ce moment-là tu peux identifier la racine comprendre ce qui se passe et ensuite le dépasser.
Il y a de vrais résultats. C’est très efficace.

 JS : Ce que j’aime avec la métacognition, c’est que ça te permet de voir ses points aveugles. Tu sais que je suis fascinée par ça parce que c’est si dur à voir.
Toi aussi, tu as découvert certains de tes points aveugles ?

 ÉF : Oui, je pense que nous avons des points aveugles parce que nous ne sommes pas attentifs à ce qui se passe. On ne questionne pas ce qui nous paraît évident, en fait. et remettre en cause nos modes de pensée questionner la manière dont on réagit à la vie aux événements sympas et moins sympas de notre vie est une manière de voir nos points aveugles et de mettre dans la lumière des choses que nous n’imaginions même pas penser, par exemple.

 JS : Et éviter certains problèmes.

 ÉF : Exactement.

 JS : Donc, tu es née en France ?

 ÉF : Oui.

 JS : Comment la métacognition est-elle reçue, là-bas ?

 ÉF : Eh bien, en fait, je pense que je suis la première à en parler en dehors du champs scientifique En France, la métacognition est principalement liée à l’apprentissage ; comprendre comment les enfants et les étudiants apprennent la réflexion qu’ils ont sur leur propre pensée et comment leur faire comprendre les choses.

 JS : La zététique ?

 ÉF : Non, pas la zététique. La zététique est un autre mot pour la pensée critique ou le scepticisme parce que le scepticisme en français a une connotation négative comme critiquer. "Je suis sceptique sur le fait que tu me dises la vérité" C’est comme ça qu’on l’utilise en français.

Ça n’a pas le côté positif de vouloir disséquer ou comprendre. Donc, les Français ont cherché un autre mot et il l’ont tiré du grec ancien qui est lié à "l’art du doute". Donc la zététique est une expression très française et ça veut juste dire pensée critique.

La métacognition est quelque chose que les gens n’ont pas l’habitude d’entendre et, en quelque sorte, je l’ai introduite dans le milieu de la zététique et les gens sont assez curieux de comprendre ce que c’est. Ce que je veux montrer c’est que la pensée critique ne peut pas être juste utilisée pour avoir un regard critique sur la pensée des autres Il est important de l’appliquer à soi.

 JS : C’est nouveaux pour eux ?

 ÉF : Et c’est nouveau, oui !

 JS : Oui, s’étudier soi et ses schémas. C’est difficile de savoir ce qui se passe chez les autres.

 ÉF : Tu sais bien, dans le monde de la pensée critique, on essaie surtout de comprendre pourquoi les gens croient à telle ou telle chose. Les autres personnes, pas soi-même. La plupart des gens n’imaginent pas avoir des croyances, ou si c’est le cas, ils pensent qu’elles sont valables.
Ce sont leurs croyances et elles leur conviennent ! En fait, ils ne vont pas forcément les questionner et n’auront pas cette approche métacognitive sur leurs modes de pensée.
Donc, je pense qu’il est important que les penseurs critiques, les sceptiques comprennent qu’ils peuvent appliquer cette technique de la pensée critique à eux-mêmes, à leur propre manière de penser.

Tu te souviens quand on a été à ce congrès sceptique en Pologne il y a un an et demi ?

 JS : Oui, bien sûr.

 ÉF : On a rencontré beaucoup de monde et ils n’étaient pas français et ils ne s’intéressaient pas spécialement à la métacognition non plus. Ils cherchaient surtout à comprendre pourquoi les gens croient aux fantômes ou au tout bio et que les OGM, c’est le mal, etc.

 JS : Les scientifiques qui étudient la pensée critique et la psychologie ne connaissent pas la métacognition ! C’était vraiment intéressant à voir.

 ÉF : Oui, et ils ne l’appliquent pas à eux-mêmes.

 JS : Ils n’y pensent pas.

 ÉF : En fait, on croit tous qu’on a raison donc on n’a pas envie de remettre en cause notre pensée !

 JS : Enfin, je ne pense pas que j’ai raison mais c’est juste que je ne sais pas ce que je ne sais pas. Il y a des choses que je n’envisage pas. Tu vis ta vie et à un moment tu te dis :
"Pourquoi est-ce que ce truc m’arrive sans cesse ?"
Et tu réalises :
"j’ai tellement de points aveugles"
"mais si je me penche dessus je peux les éviter."

 ÉF : C’est exactement ça et je trouve ça super passionnant ! Je suis contente parce que je commence à avoir une audience en France et les gens sont intrigués parce qu’ils n’ont jamais entendu parler de ça. Il y a la psychologie qui est une autre manière de faire mais par l’accompagnement de quelqu’un alors que la métacognition est une auto-analyse ce qui est très différent.

Tu peux avoir des connaissances en sciences cognitives. C’est utile. Mais ensuite il faut essayer de les appliquer à l’observation de ta propre pensée. Donc, ce n’est pas un psychologue qui t’aide, c’est toi qui l’applique à toi-même.

Ça ne veut pas dire que tu n’as pas à aller voir un psychologue si besoin. C’est juste un outil différent.

 JS :…Pour t’étudier toi-même et ta propre confusion.

À quoi aimerais-tu que ton podcast et ton travail sur la métacognition aboutisse ? Tu as un but éducatif ? C’est quoi ton objectif ?

 ÉF : Chaque émission est une conversation où je rencontre un expert ou une experte en sociologie, biologie neurosciences, etc. Qui me parle de ses résultats de recherche en lien avec la manière dont on pense. Ou bien, je rencontre quelqu’un comme toi et moi qui s’intéresse à l’exploration de son esprit ou qui a connu un tournant dans sa vie dans sa manière de penser. Par exemple, d’anciens croyants, des gens qui ont compris quelque chose sur eux-mêmes, qui ont une histoire personnelle particulièrement intéressante.

Avec ces deux types d’émissions, si on parle d’éducation, et je crois que ça en est, elle s’adresse plutôt aux adultes et aux gens qui s’intéressent au fait de mieux se connaître et d’éviter certaines souffrances inutiles, d’éviter de toujours tomber dans les mêmes pièges tout au long de leur vie.

Donc, mon but est de donner envie aux gens de s’observer et de s’analyser dans leur vie quotidienne. Il ne s’agit pas d’étudier un sujet particulier en rassemblant de l’information mais plutôt d’acquérir une sorte d’habitude.

Je mets en ligne une nouvelle émission toutes les deux semaines parce que je n’ai ni le temps ni le budget pour faire plus mais j’aimerais à terme que ce soit hebdomadaire parce que j’aimerais que ça devienne une habitude Comme un rendez-vous chaque semaine.
"Oh, je vais apprendre des choses ou peut-être découvrir un nouveau parcours personnel qui va m’amener à me questionner grâce à ces récits personnels et à ces experts qui s’expriment sur la manière dont fonctionne notre esprit et ça va nourrir mon questionnement."
J’aimerais que ça devienne une habitude pour les gens. Si l’idée leur plait, c’est ce que j’aimerais.

 JS : Tes émissions sont principalement en français, c’est ça ?

 ÉF : Oui. La courte vidéo de lancement est sous-titrée en anglais donc tout le monde peut aller la voir et il y a un bêtisier sous-titré en anglais. Mais sinon, les émissions sont en français. Et j’aimerais en faire une avec toi. Je ne sais pas si je la sous-titrerai ou si je la doublerai en français mais il y aura une version en anglais, c’est sûr.

 JS : Donc, pour l’instant, tu as fait quatre émissions. Quels sont les thèmes que tu y abordes ?

 ÉF : Le premier parle de zététique C’est une rencontre avec une figure de la zététique en France. Il a un parcours personnel très intéressant. Il a été conspirationniste et chasseur d’ovnis. Tout ça le passionnait. C’est un peu un geek. Et à un moment donné… Il était super croyant. Il utilisait les Tarots pour prendre ses décisions pendant le tournage de ses films. Donc il était vraiment loin dans la croyance.

Mais un jour, il a vécu un choc. Son cousin qu’il adorait, est mort dans un accident de voiture et soudain, il s’est dit :
"C’est quoi ce signe ?"
"Pourquoi ?"

Il croyait à fond aux synchronicités et essayait de trouver du sens à chaque signe qu’il voyait. Et là, il s’est dit :
"Qu’est-ce qui se passe ?"
"C’est censé me dire quoi ?"
"En quoi ce qui arrive serait bon pour moi ?"
Là, il a commencé à questionner les choses.

Son nom de YouTubeur est Mr.Sam si tu veux aller voir ce qu’il fait. À l’époque, il suivait un chasseur de fantômes, qui faisait des vidéos et à un moment, il a fait une vidéo montrant un événement paranormal. Une boîte tombant d’une table sans personne autour et Mr.Sam, qui travaille dans l’audiovisuel a décidé d’analyser l’image et à trouvé un artefact. Le chasseur de fantômes avait utilisé un effet vidéo pour faire tomber la boîte. Donc, c’était un fake.
Ça a été un long processus pour lui mais ce qui a été décisif, c’est que quand il a mis en ligne une vidéo interpelant le chasseur de fantômes le questionnant de manière neutre :
"J’ai trouvé cet artefact, il y a un truc qui cloche dans ta vidéo, peux-tu me répondre à ce sujet ? J’aimerais savoir pourquoi j’ai trouvé ça. Que se passe-t-il ?"
Et la communauté des sceptiques en France a salué sa démarche :
"Tu fais ça bien, tu n’es pas agressif et tu ne fais que poser des questions. Tu n’attaques pas le mec et tu veux juste comprendre ce qui se passe".

À partir de là, il s’est dit :
"Je peux être sceptique, je peux questionner mes croyances et il y a des gens qui me comprennent".
Souvent, le problème c’est que on se sent isolé quand on sort d’une croyance parce qu’on quitte une communauté, on laisse tout derrière soi et là, on lui disait :
"c’est super, tu fais ça bien."
À partir de là, il est devenu YouTubeur spécialisé en pensée critique. Ma première émission est sur lui.

 JS : Et la deuxième ?

 ÉF : La deuxième parle de l’identité homosexuelle et comment les gays et les lesbiennes se voient comment ils interagissent avec leur environnement privé et, encore plus intéressant, leur environnement professionnel. J’interviewe une sociologue sur son travail. C’est une émission en deux volets. En fait, c’est une sujet qui n’avait jamais été étudié ; comment les homos se voient et s’adaptent dans leur travail et comment les hétéros les voient aussi.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a beaucoup de stéréotypes qui viennent des hétéros évidemment, mais en fait, c’est stéréotypes, les homos peuvent aussi les avoir sur eux-mêmes. Cette émission est sur la manière dont les homos pensent.

La troisième est sur un ostéopathe, qui a voulu améliorer sa pratique professionnelle et s’est orienté vers des croyances New Age comme les théories du complot, les Travailleurs de Lumière et les soins énergétiques. Ce qui est intéressant dans ce témoignage, c’est que cette personne a cru à tout ça pendant 4 ans et ensuite a arrêté en questionnant tout.
Elle s’est dit : "Peut-être que je peux faire mon boulot sans toutes ces croyances. Tous ces trucs sur les Reptiliens, les Travailleurs de Lumière et les soins énergétiques, peut-être que je peux juste faire mon travail normalement, et peut-être que je peux avoir des intuitions etc…"

C’est une personne très sensible qui sent ce que les gens ressentent et il se disait que ça devait être lié à un don spécial ou spirituel.
Au bout du compte, il a compris que ça n’aidait pas et que ses clients devenaient de plus en plus crédules. Ils venaient le voir pour entendre des trucs du genre "je sens que votre grand-mère vous parle au travers de cette douleur". Il a arrête de faire ce genre de choses, parce qu’au bout de 4 ans il a compris qu’il pouvait, il a compris qu’il avait juste une capacité particulière à comprendre les gens psychologiquement. C’était bien, intéressant et utile mais il n’avait pas besoin d’y ajouter une couche spirituelle.

 JS : Ça a été son "Méta de Choc" !

 ÉF : Oui !

 JS : Et la quatrième émission ?

 ÉF : J’ai interviewé une philosophe sur la manière dont les algorithmes attaquent notre capacité d’attention. Nous avons d’attention pour réfléchir, pour observer et prendre des décisions. Si on passe d’une chose à une autre, interrompus en permanence par notre Smartphone, ou qu’on va de lien en lien sur les réseaux sociaux, c’est quelque chose qui met notre capacité d’attention en danger. Elle a étudié tout ça en tant que philosophe et s’est spécialisée en stratégie et communication d’influence. Elle enseigne à des étudiants et elle fait du conseil en nouvelles technologies et média sur comment atteindre les gens.

Elle connait bien les biais cognitifs et comment tout ça fonctionne, comment YouTube et Google nous font rester sur Internet et détournent complètement notre attention pour l’argent évidemment et pour la publicité.

Tout ça est très intéressant. J’en ai fait une émission en deux volets.

 JS : Et tu as une idée du thème de ta prochaine émission ?

 ÉF : Oui ! Ce sera une émission en 4 ou 5 épisodes. Un gros truc ! C’est le témoignage de quelqu’un qui a passé 30 ans dans un mouvement appelé "anthroposophie". Ce nom n’est pas très connu mais c’est une groupe qui rassemble les écoles Steiner, l’agriculture biodynamique, les produits parapharmaceutiques comme les crèmes Weleda, c’est une marque bien connue en Europe.

Ce témoignage est très intéressant parce que cette personne est entrée dans le mouvement à l’âge de 9 ans, dans une école Steiner. Il en est sorti à l’âge de 40 ans environ. Ça fait beaucoup ! En fait, il était aussi enseignant en école Steiner et est devenue une personne très influente dans le mouvement. À un moment donné, il a compris que c’était du lavage de cerveau.

J’ai été très intriguée et étonnée par son parcours ; comment, après 30 ans, en commençant à l’âge de 9 ans, peut-on questionner tout ça ? Comment peut-on en sortir ?

 JS : C’est qu’il a eu plusieurs ’Méta de Choc’ qui ont fait qu’il ne pouvait plus continuer.

 ÉF : Oui, c’est vraiment intéressant et cette personne sait très bien parler de tout ça et il en est sorti il y a près de 10 ans maintenant. Donc, il a du recul sur tout ça.

Dans l’émission, il expliquera ce qu’est ce mouvement, mais il expliquera aussi ce qui c’est passé en lui en tant qu’enfant, ado et adulte et ensuite, engagé dans le mouvement. Comme ça a été difficile pour lui de changer de mode de pensée. Tu imagines ?

 JS : Ça donne envie d’écouter et d’en faire un documentaire.

 ÉF : Peut-être, je ne sais pas. Faire un documentaire, c’est très différent. Il faut trouver comment raconter une histoire. Ça n’a rien à voir avec une conversation. Il faut scénariser les choses. Je ne fais pas de reportage, je fais du film d’auteur ; comme de la fiction, mais en documentaire. Donc quand j’envisage un film, je cherche comment raconter une histoire avec différentes situations et avec quelqu’un qui a un attrait à être à l’image. Parfois, les gens peuvent très bien raconter les choses à un micro comme à la radio, ce qui est assez similaire à un podcast mais quand ils sont face à la caméra ils peuvent être intimidés et finalement être bien moins intéressants que dans un podcast.

 JS : C’est vrai. Donc, peut-être que c’est la meilleurs modalité pour lui et toi.

Tu sais que les gens peuvent changer avec le temps ; toi et moi, on a découvert cette femme juive de 90 ans qui a décidé de manger du porc pour la première fois.

 ÉF : Oui, c’est vrai !

 JS : Ça peut arriver et c’est incroyable.

 ÉF : Oui, c’est toujours possible.
Mais dans le cas de cette personne qui a appartenu au mouvement Steiner, c’est vraiment toute une communauté et c’est vrai que la communauté juive est aussi très présente pour les gens qui sont très dévoués à leur foi mais là, c’est une communauté très fermée avec des croyances très spécifiques. Une cosmologie à part entière. L’anthroposophie pense pour toi dans tous les domaines de la vie. C’est une religion, une cosmogonie, c’est un mode enseignement, une médecine et même une banque ! C’est juste tentaculaire. C’est une entreprise multinationale.

Une fois que tu appartiens à la communauté, tu as des réponses pour tout et aucun besoin d’aller voir ailleurs ou d’autres gens et évidemment, le monde extérieur, c’est le Mal.

Il ne faut pas aller au cinéma écouter la radio, ou regarder la télévision. C’est comme une prison mentale.

 JS : C’est vraiment super que tu fasses ce podcast. C’est une bonne manière de sensibiliser les gens à la méta-pensée et il y a tant d’histoires personnelles intéressantes à transmettre que tu vas trouver ou qui viendront à toi.

 ÉF : C’est vrai que c’est très varié. Ça peut avoir l’air hyperspécialisé. Quand je dis que je fais des films sur la manière dont on pense, ils me disent :
"Ok… tu parles de neurosciences, c’est ça ?"
Mais en fait, c’est super large ! Tu peux parler de tellement de choses ! Toutes les choses qui nous font prendre des décisions et qui nous influencent. Et pour le podcast, c’est pareil. Tu as vu, les sujets sont très différents les uns des autres, je pense que c’est infini, donc c’est super !

 JS : Oui, je suis bien d’accord. Je me souviens quand tu me parlais de ce projet. C’est super de le voir se réaliser maintenant.

 ÉF : Oui, j’ai commencé en février. C’est tout nouveau !

 JS : Et tu travailles aussi sur un film en ce moment.

 ÉF : Oui !

 JS : Tu es au Canada avec moi, là.

 ÉF : Le film s’appelle "Neo Guru" (anciennement "Ex-gourou")

 JS : Qu’est-ce qui t’a décidée à faire ce film ?

 ÉF : Eh bien déjà, c’est un film sur toi ! Tu m’as dit que tu aimerais parler de ton parcours, et tu savais que j’étais productrice. On a réfléchi à ce projet pendant longtemps avant de vraiment commencer à écrire le scénario ensemble. Et ensuite, l’écriture a pris du temps parce qu’en deux ans, nous avons écrit trois versions très différentes l’une de l’autre, en plus.

Donc, c’est un gros boulot ! Mais ce qui m’a décidée à faire ce documentaire avec toi, c’est que tu es une personnage super. Je veux dire, à l’écran. Tu dégages une super énergie, ton expression corporelle. Et évidemment, tu as aussi plein de choses à raconter. Ton histoire est vraiment extraordinaire ! Je me suis dit que ce serait bien que les gens connaissent ton parcours et ce qui est intéressant dans cette histoire c’est qu’en parlant de toi, j’étais aussi en train de parler de moi, parce que moi aussi j’ai été une croyante du New Age

 JS : C’est là où je voulais en venir subtilement, indirectement.

 ÉF : Oui, 15 ans dans le New Age !

 JS : Oui, tu m’as raconté ton parcours et je t’ai encouragée à en parler dans le film mais tu étais un peu réticente, ce que je peux comprendre. Parce qu’on n’est pas fier de ça.

 ÉF : C’est clair !

 JS : Moi aussi, j’étais très embarrassée mais je ne voulais pas que ce soit pure perte. Je voulais en faire quelque chose. Et si des gens pouvaient en retirer quelque chose alors ça pourrait être utile.

 ÉF : Oui. Je crois que c’est très difficile de parler de ça au départ parce que tu te sens ridicule d’avoir cru à tout ça.
J’ai cru que j’étais une Travailleuse de Lumière et une Enfant Indigo J’ai cru à la guérison par les énergies et aux Reptiliens et j’ai aussi cru aux Pleiadiens. Bref, tu vois quoi. et le fait que les humains étaient emprisonnés dans une matrice, etc.

 JS : Lutter contre les forces de l’ombre jusqu’à épuisement.

 ÉF : Oui. Ça m’a pris du temps pour décider d’être dans le film mais au final, je l’ai fait parce que quand je présentais le projet, dans la première version tu étais toute seule dans le film ; je n’apparaissais pas dans le scénario, j’étais juste productrice et réalisatrice et quand je parlais du projet à d’autres producteurs ou à des chaînes de télé, les gens étaient très intrigués :
"Comment l’avez-vous trouvée ? Pourquoi êtes-vous si engagée dans ce sujet ? Pourquoi en savez-vous tant sur le New Age ? Je n’en sais pas tant ! "
Je leur disais : "Eh bien, j’ai été croyante."
Et ils me répondaient : "Comme c’est intéressant !"

Donc, à la suite des deux premières versions du scénario je me suis dit : "Ok, il faudrait peut-être que je sois dans le film".

Je crois que c’est une excellente idée. Nous avons, toi et moi, des parcours très différents. J’étais en France pendant ces 15 années de croyance et toi, au Canada et autour du monde. Nous avons reçu des éducations très différentes et nous croyions à deux versions différentes des très nombreuses versions de la spiritualité New Age.

 JS : Oui, c’est buffet à volonté.

 ÉF : Je trouve intéressant que le spectateur connaisse ton histoire hors du commun, mais aussi d’autres histoires plus banales comme la mienne parce que je n’étais pas leader, j’étais juste croyante. Tout le monde est susceptible de tomber dans ces croyances, tout autant que tout le monde peut tomber dans une secte. Mais maintenant, je suis plus à l’aise.

 JS : Bien, je suis fière de toi !

 ÉF : J’ai fait une erreur et j’ai été loin dans cette erreur mais comme toi, je pense que c’est important que les gens sachent. Et aussi que oui, on peut faire des erreurs. Ça ne veut pas dire qu’on est stupide. Une croyance peut être stupide, une personne ne l’est pas nécessairement. parce que nous sommes influencés et qu’il y a toujours une raison qui nous pousse vers ces choses.

Pour moi, ça a été la recherche de LA Vérité avec un grand V. J’étais prête à tout pour trouver la vérité. Maintenant, je sais que non, je ne vais pas trouver LA Vérité. Elle est inatteignable et ça me va. Il y a tant de choses que je ne sais pas et que je ne saurai jamais.

Je ne sais pas ce qu’il y a après la mort, ni même avant et en fait, je m’en fiche. C’est étrange parce que j’ai été loin dans la croyance et maintenant, je suis totalement détendue par rapport à ça. Je ne sais pas et ça me va.

 JS : Et depuis que tu parles du film tu as des croyants qui veulent absolument te parler de la vraie spiritualité. Qu’est-ce qu’on peut dire à ces gens ? Comment leur faire comprendre qu’on parlent aussi d’eux, en fait ? Genre : "Ce gourou, ce guide, il est vraiment formidable". Et tu as été voir et c’est toujours le même discours.

 ÉF : Je crois que ton parcours est si particulier que certains ne voient pas qu’ils pourraient être comme toi et suivre le même mode de pensée, en fait. C’est pour ça que mon témoignage ou celui de Kaeli, par exemple que tu interviewes dans le film et qui est une de tes anciennes followeuses, ces témoignages secondaires, parce que tu es le personnage principal, peuvent faire comprendre que ce n’est pas juste un truc délirant qui est arrivé à une fille, quelque part loin de chez eux, parce que les gens te voient comme une fille d’Amérique du Nord avec une culture différente.

 JS : Bien sûr.

 ÉF : Mais leur montrer que des histoires plus banales ont mené au même désastre personnel, c’est important. Je crois que c’est une bonne manière de montrer que qu’il est commun de croire à de telles choses ! Tu n’étais pas dans la mauvaise spiritualité ou la fausse spiritualité. C’est juste que ce genre de spiritualité mène toujours aux mêmes schémas.

 JS : La spiritualité en général, en fait. Ça mène toujours aux mêmes schémas. Même les différents croyants que nous avons interviewés y viennent chacun à leur manière mais arrivent toujours à la même chose.

 ÉF : Oui, je dirais que la spiritualité, la religion est toujours fondée sur le fait que tu penses être du bon côté, que tu as la vérité ou que tu peux l’atteindre grâce à des guides, à des maîtres ou grâce à la prière, tel rituel ou tel dogme.

 JS : Il y a toujours des méchants. Il y a toujours une récompense à la fin un truc à faire pour toucher au but.

 ÉF : Tu n’es pas assez accomplie ou doit en faire plus, oui.

 JS : On vient de tourner au Canada, c’était une semaine vraiment sympa et si tout va bien on va aussi aller en Europe et là on trouvera d’autres exemples, comme ça les Français verront que c’est pareil chez eux ! Il n’y a pas que toi, il y a aussi d’autres gens. Et puis, on va aller en Indonésie : à Bali, où j’ai vécu des choses aussi.

 ÉF : En France, ce qui est intéressant, c’est que j’ai essayé d’imaginer des séquences et la particularité de notre histoire c’est que dans certaines régions la sorcellerie a longtemps été présente et il est frappant de constater que le New Age qui est un mouvement relativement nouveau qui existe depuis à peu près 100 ans les gens ne le savent pas mais il a commencé aux États-Unis à la fin du XIXe siècle ça n’a pas commencé avec les hippies. qui sont juste une étape dans l’histoire du New Age. Le mot "New Age" est apparu dans un livre à la fin du XIXe siècle aux États-Unis. Pareil pour la "pensée positive" ou la "Loi de l’attraction".

Mais bon, c’est moins ancien que la sorcellerie. Ce qui est super, pour moi en tant que réalisatrice, c’est de pouvoir montrer que le New Age s’adapte aux endroits où il se répand. C’est comme un virus qui s’adapte à l’animal qu’il colonise et en France, on est assez attaché aux traditions. On a le druidisme ; une sorte de chamanisme lié à la nature.

Donc, au travers de la spiritualité New Age les Français pensent revenir à des racines délaissées depuis les années 1970, je dirais et ils se disent : "On retourne à une sagesse ancienne, les sorcières, le druidisme" etc.

Ces croyances s’adaptent. Les gens qui s’intéressent à la Loi de l’attraction veulent croire que leur pensée crée leur réalité et essaient de faire correspondre ça avec leur culture. Donc, en France, on ira voir des vieilles pierres préhistoriques et comme les gens les relient à leurs croyances New Age, alors même que le New Age est une idéologie créée à la fin du XIXe siècle ! Je trouve ça génial.

 JS : …de pouvoir montrer ça.

C’est quoi le message du film, d’après toi ? C’est d’arrêter d’avoir une spiritualité ? Ou est-ce qu’on veut juste les avertir pour qu’ils ne soient pas si extrêmes en laissant leurs croyances penser à leur place ?
Moi, je sais ce que je veux dire, Mais toi ? Peut-être que certains vont se dire qu’on dénigre la spiritualité. On n’attaque pas la spiritualité. On veut juste être plus critique à son propos parce qu’on a vu tous les problèmes qui peuvent en découler et les dangers.

 ÉF : Oui. L’histoire humaine est faite de croyances et même dans notre quotidien. Nous croyons tous à quelque chose. Je crois que ma voiture va démarrer quand je tournerai la clé. Je ne vais pas aller vérifier le moteur à chaque fois que je la démarre.
C’est une croyance non spirituelle mais, ce que je veux dire c’est que nous ne pouvons pas ne pas croire parce qu’on ne peut pas tout questionner tout le temps. Donc, pas de souci. Nous ne disons pas que nous ne devrions pas avoir de croyances.

Avec ce film, je veux faire la même chose qu’avec le podcast. Je pense qu’il est important de questionner notre manière de penser et questionner le New Age est une façon de questionner tant d’autres choses la religion, les autres spiritualités parce que si on pense qu’un dogme ou un rituel va sauver notre vie à un moment, ça va créer des problèmes dans notre vie. Quand on mise tout là-dessus, on ne prend plus ses propres décisions. et c’est dangereux.

 JS : Surtout quand tout ça se contredit On arrête d’évoluer psychologiquement.

 ÉF : Exactement ! On se fixe sur ce qu’on pense être la Vérité, on se fige dans un état ou alors on veut l’atteindre et au bout d’un moment, on devient mentalement altéré, parce qu’on suit une ligne et aucune autre et on s’enferme. C’est ça le message principal. Ensuite, chacun croit à ce qu’il croit, on ne veut pas les attaquer mais juste prendre ça en compte. Et les gens peuvent croire en Dieu. Pourquoi pas.

Mais si ça a des conséquences sur ta vie et que tu ne prends plus tes propres décisions et que tu te fies à un gourou ou un prêtre ou que tout se rapporte à un livre alors là, tu vas souffrir, alors que tu pourrais éviter ça.

 JS : Oui, la solution à tout. Tu ne réfléchis plus, tu ne questionnes plus. Tu deviens un zombie. Le "Méta de Choc", moi j’appelle ça de l’"archéologie psychologique".
Et qu’est ce que tu veux filmer à Bali ?

 ÉF : Là-bas, j’aimerais que tu nous racontes ton changement. Comment c’est arrivé et les difficultés qui t’ont menée à une dépression. Ça n’a pas été facile de quitter ces croyances. Ce qui est intéressant, c’est que Bali est un endroit hyper-religieux. Bien sûr, c’est une Mecque de l’ésotérisme New Age mais tu m’as dit que les Balinais sont des gens extrêmement religieux qui passent leur temps à organiser des cérémonies.

 JS : Tu verras bien par toi-même et tu me diras en direct.

 ÉF : Les sacrifices d’animaux, la musique…

 JS : Oui. C’est ce qu’ils font quand un temple a un anniversaire C’est une endroit tellement bizarre. Une fois, un temple fêtait un anniversaire. Ça a été deux semaines de musique assourdissante dans la jungle et ailleurs de 23h à 5 heures du matin et le prêtre qui chantait sa litanie sans discontinuer. Vraiment horrible.

 ÉF : Pendant deux semaines ?

 JS : Oui. C’est ce qu’ils font quand un temple a un anniversaire et il y a beaucoup de temples !

Le film a pas mal de partenaires maintenant ?

 ÉF : Oui ! Quelques organisations en Europe et au Canada soutiennent le film. Il y en a une en France, trois en Allemagne, deux en Angleterre et une au Canada.
Au Canada, c’est CFI Canada à laquelle tu est liée,
En France, c’est l’Afis, un organisme qui fait de l’information, de la vulgarisation scientifique au travers d’un magazine, d’un site web, et donc de notre film ! Ils s’intéressent particulièrement aux pseudosciences, c’est pour ça qu’ils se sont investis dans le projet.
En Allemagne, notre premier partenaire a été un organisme lié à la protection des consommateurs. C’est la Fédération des consommateurs allemands. Ils voient à quel point les gens se font avoir en achetant des cristaux et des soins énergétiques de Reiki Ils veulent informer les consommateurs qu’il ne s’agit pas de vrais traitements et qu’ils n’ont jamais prouvé leur efficacité. Ils sont d’un grand soutien et c’est grâce à eux qu’on a pu venir filmer ces séquences à Vancouver.

 JS : C’est super ! Un grand merci à eux !

 ÉF : Il y a aussi une organisation humaniste en Allemagne qui s’appelle la Fondation Giordano Bruno. Et puis une association de sceptiques aussi.

 JS : On va présenter le projet à des chaînes de télé ?

 ÉF : Oui. À partir de ce qu’on a filmé ici, on va créer une bande-annonce.

 JS : La deuxième.

 ÉF : Oui, spécifiquement pour les chaînes et on a de bonnes pistes.
Je suis assez satisfaite de ce qui se passe autour du film.

 JS : Et les festivals ?

 ÉF : Non, c’est pas pour maintenant. Mais quand le film sera fini, nous ferons en sorte qu’il aille en festivals, oui. Ce film est vraiment fait pour une diffusion télé en Europe et au Canada. J’ai un coproducteur au Québec, un en France et un en Belgique !

Ce serait bien d’en avoir un aussi aux États-Unis.

 JS : Parce que cette émission va passer sur une radio newyorkaise.

 ÉF : C’est un gros projet. On va aller en Europe et à Bali. Il y a beaucoup de choses à filmer et ce sera un long-métrage.

 JS : Et donc, tu as une maison de production : "Spirit and Matter" mais pas en anglais évidemment…

 ÉF : Pas "Spirit and Matter", "Mind and Matter"

 JS : Oh oh… Je l’ai toujours appelée comme ça…

 ÉF : En fait, en français, le mot "Esprit" peut avoir une connotation spirituelle ou mentale Donc, tu n’étais pas si loin. Mais le mental c’est quand même mieux pour ce qu’on veut dire.
C’est donc "l’Esprit et la Matière".

 JS : Merci beaucoup Élisabeth Feytit d’avoir accepté mon invitation.

 ÉF : Merci Jessica !

Elisabeth Feytit
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