Charte de l’Europe des Conscience

Charte de l’Europe des Consciences

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Terre du ciel

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Considérant que l'Europe, dans sa construction politique actuelle, ne prend réellement en compte que les dimensions économique et financière,

Considérant qu'un matérialisme omniprésent et organisé s'est emparé du continent où il génère violence, mercantilisme, amoralisme, déculturation galopante, et qu'un nouvel obscurantisme est en train de gagner les esprits,

Considérant que le manque de repères spirituels et l'égoïsme ambiant conduit un nombre croissant de personnes vers des sectes malveillantes tirant un avantage pécunier de leur vide affectif et de leur souffrance morale,

Considérant qu'une uniformisation généralisée cherche à s'imposer, détruisant les diversités culturelles et écrasant les individus,

Considérant que seules, à l'ampleur de la " crise " sont capables de répondre en profondeur et durablement des solutions d'ordre spirituel, elles-mêmes fondements véritables de relations fraternelles entre les hommes, et fondements d'une relation respectueuse de l'homme à la Nature,

Considérant ce qui précède, les membres cofondateurs de l'association L'EUROPE DES CONSCIENCES adoptent la présente Charte, par laquelle ils reconnaissent l'importance et l'urgence de :

Renouer avec la dimension spirituelle de l'homme et les valeurs éternelles

Tout entier tourné vers l'avoir et le pouvoir, l'homme moderne s'est trop souvent coupé de sa dimension la plus profonde par laquelle sa vie acquiert sens et plénitude. C'est lorsqu'il est connecté en lui à la source de toute vie que l'homme peut développer vision juste et action juste. Il participe alors à la danse et à l'harmonie de l'univers, et en respectant ses lois, il vit dans la joie, la conscience et la liberté.

Réintégrer l'homme au sein de la nature - au niveau de l'espèce comme de l'individu

L'homme est partie intégrante de la nature. Il y a ses racines, il y puise sa substance. La nature lui a donné vie, elle le nourrit et le guérit, elle le soutient et le régénère. Quand l'homme pollue la nature, il se pollue. Quand il la détruit, il se détruit. Quand il lui manque de respect c'est lui-même qu'il insulte.

Mettre l'économique au service du politique et le politique au service de la sagesse

Il est, au sein de toute société, une hiérarchie juste des pouvoirs : la sagesse montre des objectifs et inspire, le pouvoir politique met en œuvre ce qui est reconnu comme juste, et le pouvoir économique satisfait les besoins matériels dans le cadre tracé par le pouvoir politique. La démission du pouvoir politique devant le pouvoir économique a conduit à cette perversion où la consommation devient une fin en soi, et est perçue comme la source de tout bonheur.

Favoriser les réalisations à taille humaine et la démocratie de proximité

Il est un espace juste pour exister en plénitude, une distance juste pour être bien ensemble. Trop à l'étroit l'homme s'étiole, dans un espace trop grand il est perdu. En espace confiné, les relations sont vite conflictuelles : elles sont inexistantes au sein de la multitude. Les relations de cœur à cœur s'épanouissent dans la proximité.

Instaurer davantage de justice sociale, expression naturelle de fraternité et condition de paix durable

Le sens de l'unité de toutes choses que donne l'expérience spirituelle conduit naturellement à la fraternité et au partage. La justice sociale n'est plus un principe théorique, mais va de soi, avec la force de l'évidence. Une paix durable - pour l'individu comme pour la collectivité - en découle naturellement.

Sortir de l'égoïsme national pour entrer dans une fraternité sans frontières

La vraie fraternité ignore les frontières. On ne peut plus défendre seulement ses intérêts et son bien-être personnel en ignorant ce qui se passe au-delà des frontières, et que nous avons largement contribué à créer.

Responsabiliser la personne et encourager une solidarité de proximité

On ne peut se vouloir libre sans se vouloir en même temps responsable. Assumer sa responsabilité donne dignité et grandeur à l'individu. Cette responsabilité n'efface pas la nécessité d'une solidarité, qui trouve sa première expression dans le cercle des proches.

Considérer la nécessité d'une " Déclaration des devoirs de l'homme envers lui-même, ses frères du monde, la nature et la Terre "

La Déclaration des droits de l'homme a été conçue pour protéger le faible du fort. Mais, insidieusement, elle a renforcé chez tous l'égoïsme et l'envie, au détriment du don de soi et de l'esprit de service. L'homme, devenu trop conscient de ses droits, en a oublié ses devoirs. Il doit reprendre conscience de son rôle, de sa fonction et de sa responsabilité dans le maintien de l'harmonie dans la société et sur la Terre.

S'investir davantage dans la prévention des problèmes que dans leur guérison (agir dans la conscience du long terme)

Maintenir les choses dans la cohérence et l'harmonie en anticipant les problèmes est beaucoup plus juste que résoudre ceux-ci après avoir été négligent. De même, c'est la conscience du long terme qui doit guider nos actes. Il n'est pas responsable de satisfaire sans frein ses désirs - pour un individu comme pour une collectivité - sans se soucier du lendemain. L'électoralisme politique pousse en sens contraire : préférence pour l'acte de guérison aux effets plus visibles, et actions commandées par les intérêts du court terme, l'espace d'une échéance électorale.

Retrouver et respecter le sens sacré de la naissance et protéger la petite enfance

Nous savons aujourd'hui que de la qualité de la naissance et de la petite enfance dépendent largement l'équilibre psychologique et émotionnel de l'adulte, son aisance relationnelle et sociale, son bonheur - et celui de la société dans laquelle il vivra. D'où l'importance de la qualité de la naissance, de considérer l'enfant comme une personne, et de ne pas lui infliger de blessures à un niveau quelconque par une conduite non respectueuse de la globalité de l'événement.

Eduquer à la vie, en même temps que préparer à un métier

À côté d'une transmission des savoirs et des techniques qui préparent au métier, une éducation doit préparer à l'art de vivre. Développement du caractère, de la sensibilité, de l'intelligence du cœur - culture de l'écoute et du respect, de la discipline et de l'effort, de la compassion et de la solidarité, ouverture à la vie intérieure, à la responsabilité, au don de soi et à l'esprit de service - doivent compléter l'accumulation des connaissances et l'exercice de la raison.

Retrouver une vision globale de la santé et accepter une médecine plurielle

L'homme n'est pas qu'une machine dont on répare les pièces défaillantes. Malgré ses très grandes réussites dans le cadre qu'elle s'est fixée, notre médecine manque d'une vision globale de l'homme - d'où ses résultats contestables en termes de santé globale de l'individu, et son coût démesuré qui pèse sur d'autres aspects de la vie. Les dimensions physique, énergétique, mentale, sensible et spirituelle doivent pouvoir être prises en compte dans ce domaine de la santé, et traitées de façon adaptée par des moyens thérapeutiques diversifiés.

Rendre au travail son sens et sa dimension de service

Le travail est un service aux autres en même temps qu'une voie de réalisation personnelle. Vécu ainsi il devient à la fois utile à la société et épanouissant pour Soi-même, au lieu d'être ennuyeux et dépourvu de sens. Il faut renouer avec l'esprit des bâtisseurs et du compagnonnage, revaloriser le travail manuel et l'apprentissage. Le cadre du travail est espace de vie et on doit retrouver en son sein toutes les valeurs d'un art de vivre réconcilié avec la sagesse, notamment la fraternité et l'éthique.

Ouvrir pleinement la société aux femmes et aux valeurs féminines

Notre société est trop rationaliste et patriarcale, son architecture est froide et arrogante, son fonctionnement essentiellement compétitif. Il faut l'ouvrir davantage à l'intuition et au sentiment, à la courbe et à la douceur, à l'accueil et à la gratuité, à la coopération et à la générosité. Réintégrer la vieillesse et la mort au sein de l'existence Vieillesse et mort font partie de la vie, et permettent d'en découvrir le sens. D'où leur importance, et la place qu'elles doivent avoir au cœur de la société.

Retrouver le sens de la vie

Tout à ses recherches tournées vers l'extérieur, l'homme s'est lui-même négligé, laissé en friche. Il lui reste à apprendre - ou réapprendre - à ouvrir son cœur, épanouir son âme, conscientiser son corps, et à découvrir la plénitude qui demeure en lui-même. C'est la grande aventure qui l'attend aujourd'hui.

© éditions Terre du Ciel, 2000, 2002.

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