Se libérer des jugements, par Isabelle Padovani

Se libérer des jugements, par Isabelle Padovani

La Séparation
Les 4 étapes de la Communication non violente
Retrouver le Contact dans la non-dualité

L’idée n’est pas d’arrêter d'avoir des jugements mais d’accueillir les parts en nous qui produisent ces jugements.

La vidéo d’où est tiré le texte, sur Youtube
Communification, site web principal d’Isabelle Padovani
Communification, sur Facebook
Communification, ancien site sur Blogspot

Préambule, présentation de la vidéo sur Youtube

Isabelle Padovani

Voici une vidéo de Isabelle Padovani (experte en communication non violente) qui enseigne de façon pratique comment mieux communiquer les uns avec les autres. Un point de vue très utile pour toutes les personnes qui souhaitent vivre plus en paix avec soi et avec les autres.
Isabelle : « Cette vidéo me tient particulièrement à cœur car elle réunit mes deux plus précieux trésors : l’expérience directe de l’Unité et le processus permettant de goûter la paix à l’avant-plan, lorsque la joie du Père dans l’instant est de "jouer au Fils"… »
Cette vidéo propose des pistes très concrètes de traduction des pensées renforçant l’illusion de la séparation, par l’utilisation du processus de la Communication Non Violente (CNV).




Le texte qui suit est tiré de la vidéo Youtube d’Isabelle Padovani Comment se libérer des jugements. Les siens et ceux des autres.
Il s’agit d’une transcription, d’une transformation. Et il est difficile de transformer sans altérer, donc si vous avez des doutes ou des incompréhensions, il est sans doute mieux de se référer à la vidéo…

Questions

Comment puis-je sortir des jugements intérieurs que je ne cesse d’avoir sur les autres, sur moi, sur la façon dont les choses se passent.
Comment puis-je éviter ces jugements, comment puis-je les transformer, que puis-je faire avec ces jugements qui m’empoisonnent la vie au quotidien ?

Naissance du jugement, la séparation

Les jugements sont l’expression directe de notre perception d’être une entité séparée. C’est uniquement parce que nous percevons un écart entre ce qui est et ce à quoi nous aspirons que les jugements apparaissent. Vous pourrez observer et vérifier par vous même l’équation, à chaque fois que vous avez un jugement envers Isabelle Padovani vous-même ou envers quelqu’un : la sévérité du jugement est proportionnelle à l’écart qui existe entre ce qui est et ce que vous voulez.
De même, lorsque vous voulez ce qui est, le jugement disparait.

L’observation dans notre vie quotidienne c’est que même si on a lu et entendu des milliers de fois ce type de phrases : "le bonheur, la libération, c’est vouloir ce qui est, plutôt qu’essayer de transformer ou rejeter ce qui n’est pas", ce n’est pas la réalité que nous vivons !
Le jugement nait de la croyance erronée en l’existance d’un être séparé. Et le jugement vient également du non-accueil de la réalité apparente de l’existance d’un être séparé.
Celui qui n’a aucune idée de ce que c’est d’être un individu séparé ou pas va uniquement souffrir du premier type de jugement, c’est à dire des jugements qui naissent de la croyance en un individu séparé. Donc d’une certaine façon il est dans la grâce de l’inconscience de son sort.
Alors que si vous êtes en train d’écouter cette vidéo [de lire ce texte] (sinon vous n’êtes généralement pas intéressé par ce type de vidéo [ou de texte]), c’est que vous appartenez probablement à la 2ème catégorie, c’est à dire la catégorie des êtres qui perçoivent d’une facon ou d’une autre que croire en l’existance d’un être séparé est une vision illusoire, une illusion d’optique. Ceux qui perçoivent, sentent, ou qui ont déjà eu l’expérience d’une unité dans laquelle il n’y a aucune séparation. Et donc à ce moment, il va y avoir un jugement beaucoup plus raffiné : le jugement de celui qui n’accepte pas la réalité d’un apparent Être séparé qui continue à avoir l’impression d’être séparé, alors même que la conscience a fait en lui l’expérience de se dévoiler.

Voir les précédentes vidéo :
- Que faire après une expérience directe d’Unité,
- Les inconfort de l’éveil progressif.

Le jugement, expression de notre refus de la différence entre "ce qui est" et "ce que je veux".

Donc on vient de clarifier ce qui donne naissance au jugement. La source, la racine de tout jugement c’est l’ignorance de la réalité de qui nous sommes :
- Stade 1 : ignorance de qui je suis. Je suis le Fils, j’ignore l’existence du Père.
- Stade 2, plus subtile mais tout aussi féroce, 2 cas : je suis le Fils qui sait que le Père existe mais je n’en ai pas encore fait l’expérience, et cas encore plus subtile et encore plus douloureux, je suis le Fils qui a fait l’expérience du Père et qui revient maintenant à la conscience du Fils.
Dans tout le cas je suis le Fils qui croit que je devrais être en train de faire davantage l’expérience du Père. Et là encore, différence entre ce qui est et ce que je veux. Dès qu’il y a une différence entre ce qui est et ce que je veux, il ya jugement.

À l’intérieur du jugement, croire le jugement

Le fait de croire ses jugements va entretenir et nourrir à chaque instant cette illusion qu’il y a un problème. Quand c’est envers nous, ça va être déjà très rude, on va se mal traiter, on va se maudire. On va dire du mal sur nous puisqu’on trouve que ce que nous sommes en train d’être ou de faire c’est mal. C’est l’une des définitions du jugement c’est que dans le jugement il y a une morale. En langue des oiseaux, multilingue, la morale c’est la mort de Dieu — Al en arabe , El en hébreux c’est Dieu. Donc la morale c’est ce qui tue Dieu, c’est ce qui tue le "je suis". Puisque la morale définie un bien ou un mal qui existe en référence absolue extérieurement à l’être qui perçoit ("Il est bien de, il est mal de"), indépendemment de l’être qui perçoit.

La conscience du Fils cherche des repères au lieu de s’immerger dans la conscience du Père.
Comme si quelque chose comme le bien ou le mal, le juste ou le faux, existait. C’est l’une des stratégies que trouve l’égo pour valider ses points de vue. Il s’appuie sur des apparentes références extérieures, puisqu’il ne peut pas s’appuyer sur lui-même, étant donné que mental du Fils (l’égo), même s’il est à un instant T inconscient de la réalité du Père, il perçoit, sent, de façon indiscible, mais il perçoit qu’il n’est pas valide, il perçoit qu’il n’est pas légitime. Donc le mental du Fils, la conscience du Fils qui est le mental, passe son temps à chercher des points d’appui. Vu qu’il n’est pas connecté à la présence du Père, qu’il n’est pas le Père, il cherche le repère (le "re-Père") [rire].
Il cherche de toute façon le Père, s’il ne le trouve pas là où il se trouve, à l’arrière plan, il va le chercher à l’avant-plan. A l’avant plan c’est les concepts, les croyances, absolues, qui ne sont pas à remettre en question, puisque justement on cherche quelque chose qui ne bouge pas, là où la réalité du vivant est un mouvement continu…

Essoufflement, jour du jugement dernier

Lorsque le Moi, le Fils, à un moment donné, ne permet plus au mouvement du souffle de la vie de le traverser par la crystalisation égotique, c’est à dire lorsque le Fils ne permet plus à la vie, au mouvement du Père de le traverser, et bien à ce moment là, il n’est plus spirituel, il est essouflé.
Et c’est ce qui nous arrive quand nous validons les jugements, nous nous essouflons nous perdons ce souffle de vie qui nous traverse. Nous avons des images d’ennemis envers nous même et envers les autres. Quand Jésus disait "aimez vos ennemis", (aimez ce que vous n’aimez pas) il ne parlait pas du tout de les aimer sentimentalement, affectivement, émotionnellement. Il donnait une injonction à la conscience, il donnait une instruction libératrice. L’instruction est : « connecte toi à l’amour qui soutend toute chose vivante au delà de sa manifestation apparente ». Et ce qui permet de se relier à cet amour, qui est le souffle même de la vie qui anime toute chose vivante, c’est d’aller au delà du jugement apparent qui nous est proposé par la perception de cette séparation. Vous n’avez pas les moyens de faire disparaitre cette séparation. Vous ne pouvez pas claquer des doigts et décider que vous ne vous percevez plus comme un être séparé.

« Aimez vos ennemis ».
Par contre, c’est la bonne nouvelle, vous pouvez décider aujourd’hui de vivre le jour du jugement dernier. C’est à dire le dernier jour où j’accepterai qu’un jugement me traverse sans que je cherche à le traduire. Il ne s’agit pas de ne plus avoir de jugement, toute stratégie qui viserait à éviter ce qui nous traverse, va nous conduire hors de la libération, puisque la libération c’est être libre au coeur de ce qui est. La libération c’est être libre de tout désir de vouloir autre chose que ce qui est, ou de vouloir éviter ce qui est en train d’être.
Ce qui ne veut pas dire que ne vais pas agir. Ce qui veut dire que je ne vais pas réagir. Je ne vais agir à partir de ce qui en moi est en train de refuser ce qui est ou de vouloir autre chose que ce qui est. Une fois que je suis Un avec ce qui est, depuis l’élan spontané joyeux de la vie, des actions vont se poser. Et ces actions vont très souvent faire que quelque chose va se transformer. Et ce qui va se transformer va peut-être faire que pour le Fils, pour la personne, quelque chose va être vraiment et maintenant beaucoup plus agréable. Mais tant que je continue à valider mes jugements, tant que je continue à voir des ennemis en moi et autour de moi, tant que je continue à penser dans un langage qui est soit sous forme de jugement, soit sous forme d’obligation (tous les "je devrais", "je ne devrais pas", "il faudrait", "il ne faudrait pas", "il aurait dû"…), je vois que je suis en train de faire une sortie de réalité. Comme quand on fait une sortie de route, je fais une sortie de réalité.

Action, transformation, CNV

Alors que faire pour transformer ce langage du jugement intérieur, qui est la plus puissante source de reconditionnement permanente, le plus puissant nourrissement au quotidien, à une identification, une entité séparée ?

Et bien le processus le plus puissant que j’ai rencontré en 30 ans de cheminement spirituel, s’appelle la Communication Non Violente (C.N.V.). Ce petit processus, comme toutes les grandes choses que j’ai rencontrées dans ma vie, est tout simple.
Vous connaissez bien sûr la différence entre simple et facile. Allumer du feu est simple mais ce n’est pas facile. C’est simple dans la mesure où ce n’est pas compliqué, mais ce n’est pas facile dans la mesure où ça demande quand même un certain savoir faire et une certaine compréhension de ce dont il s’agit.
Ce processus de la communication non violente est le processus de déconditionnement de la pensée qui permet de sortir du monde du jugement. C’est un processus qui a été retrouvé par Marshall Rosenberg. Son intention était de découvrir comment je peux à chaque instant être traversé par ce souffle d’amour de la vie, y compris lorsque je fais quelque chose qui ne satisfait pas certains de mes besoins ou de mes aspirations, y compris lorsque quelqu’un fait quelque chose qui ne nourrit pas mes besoins ou mes aspirations. Il a regardé comment je peux me relier à moi et aux autres de telle façon que mon coeur ne se ferme pas en m’empêchant de sentir l’amour, le souffle de la vie me traversant.

Voici ce petit processus de quatre étapes, simple :

Première étape : faire une observation dénuée de jugement.

Krishnamurti disait de l’observation que c’était le degré le plus haut de l’intelligence, pouvoir faire une observation dénuée de tout jugement. Faire une observation dénuée de tout jugement, va nous permettre de développer des qualités qui sont inhérentes à la conscience du Père.
Dans mon chemin spirituel, dans ma quête de vérité, dans ma quête de libération à une certaine époque, j’ai réalisé en rencontrant ce processus de la CNV, comment ces quatre étapes étaient de puissants outils spirituels.
L’observation va nous permettre de développer le discernement entre la réalité de ce qui est en toute simplicité et la vision de la conscience du Fils (du Moi) sur ce qui est.

Donc pour pratiquer cet art de l’observation, on va se mettre dans la position d’une caméra. La caméra qui me filme en ce moment, filme. Elle n’a aucune idée du nom de la personne, elle ne fait pas de jugement sur moi, elle ne fait pas de commentaire, elle enregistre des images colorées et elle enregistre du son. Faire une observation, c’est comme être une caméra c’est décrire comme une caméra pourrait décrire ce qui est perçu. Ya pas de jugement d’interpration, d’évaluation, au milieu. Y a simplement ce qui est perçu sensoriellement. Ça c’est l’observation.
Elle permet de faire une différenciation entre ce qui est et ce que je me raconte sur ce qui est ; entre ce qui est et l’histoire que je me raconte sur ce qui est.

La deuxième étape : se tourner vers soi, les sentiments

Ce qui n’est pas ce que fait habituellement le Fils à l’avant-plan. Quand on me jette quelque chose, une pierre par exemple, je vais regarder la pierre, pour pouvoir l’attraper. Je ne vais pas regarder la personne sinon je me prends la pierre dans la figure. Et bien cette logique absolue et simple, physique, n’est pas celle que nous appliquons avec les stimuli. Quand quelqu’un nous lance quelque chose, nous tournons notre attention vers cette personne et nous commencons à avoir des jugements sur elle :
« Alors voilà il me lance cette pierre parce qu’il est méchant, il est agressif, j’ai toujours su qu’un jour il me lancerai une pierre ! ».
Bref, on commence à faire des commentaires sur l’autre, au lieu de porter notre attention sur ce qui nous est lancé. Donc quand un stimulus nous est lancé, la première chose qu’on fait c’est observer ce qui se passe, sans commentaire, jugement ou interprétation sur ce qui est en train de se passer. Ça c’est l’observation. Ensuite on tourne notre attention sur ce que ça fait chez nous : « Comment je me sens en cet instant ».
Isabelle Padovani Et là encore on va découvrir que notre langage contemporain appartient au conditionnement, puisque c’est un langage qui permet de dire des phrases qui ont l’air d’être des sentiments et qui sont en fait des jugements. Par exemple : « quand tu me lances cette pierre, je me sens trahi », ou bien « je me sens attaqué ». Or quand je dis « je me sens trahi », je suis en train de dire « TU me trahis », quand je dis « je me sens attaqué », je suis en train de dire « TU m’attaques ». Je suis en train de parler de l’autre, je ne suis pas du tout chez moi.
Or là on voudrait percevoir le JE qui est le Père, quand il dit JE me sens, le JE est le Père, le ME est le Moi et le Fils. Donc "je sens en moi" : "je" (le Père) sens en "moi" (le Fils) un sentiment qui traverse le Fils. Le Père perçoit un sentiment qui traverse le Fils.
Le Père qui perçoit un sentiment qui traverse le Fils, n’est pas identifié au sentiment qui traverse le Fils. Je tourne mon attention vers ce que je sens, en ayant cette attention que je ne suis pas identifié à ce que je sens. Je perçois que quelque chose en cet instant me traverse émotionnellement. Avec cette pratique je vais voir que dans ce qui traverse le Moi à l’avant-plan émotionnellement, rien n’existe comme "trahi". Parce que "trahi" est une pensée : je me dis que tu me trahis ou je me dis que tu m’as trahi. Mais ce n’est pas l’émotion qui est là. Si je me raconte que tu me trahis, le sentiment qui est vécu émotionnelement par le Fils est sans doute de l’ordre de la déception. si je me dis que tu m’attaques, le sentiment que ressent le Fils à ce moment là est sans doute de la peur, ou de la perplexité, ou de l’ahurissement.

Donc cette étape des sentiments est ce qui nous permet de tourner notre attention vers ce qui est en train de se vivre en nous.
À la seconde où vous commencez à tourner votre attention vers ce qui se vit en vous, vous allez commencer à goûter une unité, dans laquelle ce qui est perçu, la qualité de ce qui est perçu, au final a de moins en moins d’importance, parce que ce qui perçoit cette émotion n’est pas affecté par cette émotion. Ce qui vous traverse et Ce qui perçoit, sont deux formes de la conscience en train d’entrer en relation. JE le Père ne suis pas triste de la tristesse que traverse le Fils. Je (le Père) ne suis pas plus joyeux, de la joie que traverse le Fils. Si vous tournez un instant votre attention vers la qualité de présence de ce qui perçoit, ce qui perçoit la joie ou ce qui perçoit la tristesse n’est pas affecté par ce qui traverse le Fils.
Par contre Cela peut être touché, avoir un élan de compassion, lorsque le Fils est traversé par beaucoup de douleur. Le Père va être à ce moment là avec un élan de compassion.

Goûter ce qui est en train de traverser le Fils en termes de sentiments.

Troisième étape : découvrir la cause de ces sentiments, prendre sa croix

Là nous allons faire un grand pas pour nous libérer. Parce qu’habituellement il y a une causalité très souvent horizontale. Le mental du Fils croit que la cause de ses sentiments sont des choses qui se passent. « Je me sens triste parce que TU n’es pas venu », « Je me sens en colère parce que TU me parles comme ça ». C’est ce que j’appelle la causalité horizontale. "Je me sens parce que TU".
Ou bien causalité retournée vers soi :
« Je me sens parce que j’ai fait quelque chose de » et ce qu’il y a derrière est un jugement.
« Je me sens triste parce que j’ai été nul ».
« Je me sens en colère contre moi, parce que j’ai tout merdé ».
Donc là c’est une causalité dans l’horizontalité de la conscience du Fils. Le Fils perçoit les choses horizontalement, que ce soit la ligne du temps, que ce soit les relations, il ne perçoit pas dans la verticalité. L’espace Un qui est contenu dans cette verticalité.
Et la réalité de qui nous sommes c’est cette croisée des chemins entre l’horizontal du Fils et la verticale du Père [mains croisées qui forment une croix]. C’est de cette croix dont parlait Jésus quand il disait « celui qui ne prend pas sa croix et ne me suis pas, celui-là n’entrera pas dans le Royaume ». Il ne s’agissait pas de se mettre une croix en bois sur le dos, mais de s’installer à la croisée des chemins de ce Père et de ce Fils.

La troisième étape c’est percevoir les besoins (on peut appeler ça parfois les aspirations, les valeurs) qui nous animent. Ces besoins sont à différencier des stratégies (des moyens) qui permettent de les satisfaire.
« Je me sens triste quand tu me lances cette pierre, parce que j’ai besoin de bienveillance et de douceur ».
« C’est parce que j’ai besoin de bienveillance et de douceur, que je me sens triste quand tu me lance cette pierre ».
[…]

Donc, c’est parce que le Fils a un besoin à un instant T qui aspire à être nourri, qu’ensuite le Fils va être traversé par un sentiment qui va être de nature agréable ou désagréable selon que son besoin aura été nourri ou pas.
Dans l’arrière-plan, on constate que le Père n’a pas de besoin à proprement parlé. En effet, La notion de besoin intègre la notion de manque quand ce besoin n’est pas nourri, or pour tout être qui peux goûter l’espace de cet arrière-plan (le Royaume, le Père, l’Éveil, quelque soit le nom que vous lui donnez) est un espace qui ne goûte qu’une seule chose : la complétude. La complétude la plus totale. Il ne manque rien à cet espace et rien ne peut lui être ajouté non plus. c’est la définition de la perfection. Rien ne peut lui être retiré, rien ne peut lui être ajouté.
Mais par contre, depuis cet espace où tout est parfait, des élans jaillissant émergent, comme des geysers du vivant. Et ces aspirations là se traduisent dans le plan du Fils sous forme de besoins. Très souvent on observe que ce que le Fils perçoit comme étant un besoin est en fait un moyen pour vivre une des aspirations du Père. Par exemple une aspiration qui est de partager la conscience. Arrivé à l’avant-plan, pour partager la conscience, certaines choses nécessitent d’être misent en place. Par exemple qu’il y ait une forme de considération à un moment donné pour ce qui est dit. C’est assez compliqué de partager la conscience, si la personne à qui vous parlez n’a aucune considération pour ce que vous dites. Donc le Fils va dire : « j’ai besoin de considération ». Mais si on parle de cette façon là, ce n’est pas forcément très sexy. Mais par contre, quand vous parlez à quelqu’un depuis le langage du Père : « C’est parce que j’aimerai tellement pouvoir partager la conscience qu’il me serait précieux à certains moments de goûter à davantage de considération dans nos échanges (les circonstances)*. Est-ce que tu serais d’accord de me dire comment c’est pour toi d’entendre ça ? » (demande de connexion qu’on va pouvoir faire après avoir exprimé nos besoins)*.
Se connecter à l’aspiration (l’élan de vie) du Père qui soutend les besoins, va nous permettre de goûter directement à une source d’énergie qui est absolument inépuisable et qui nous fait toujours goûter la complétude alors même que le besoin peut ne pas être nourri à ce moment.
Donc c’est cool ![rires].

* Réf au vocabulaire de la CNV
Quatrième étape : quoi faire maintenant pour mon bien-être ?

Quoi faire maintenant pour contribuer au bien-être du Fils à l’avant-plan, si l’un de ses besoins n’est pas nourri.

Et bien, dans un premier temps, si le besoin qui n’est pas nourri est en relation avec un autre être humain, je vais faire une demande de connexion à cet être humain pour voir ce qu’il a entendu et compris de ce que je viens de dire.
Parce que vous avez tous fait l’expérience que ce n’est pas parce que vous dites quelque chose que l’autre le comprend. Donc on va lui demander simplement :
« Est-ce que tu serais d’accord de me dire avec tes mots, ce que tu as entendu compris de ce que je viens de te partager, parce que j’aimerai vraiment que nous soyons sur la même longueur d’onde. Le langage étant ce qu’il est, je ne suis pas sûr que les mots que j’ai utilisés soient les plus à même pour que ce soit clair pour toi. Donc est-ce que tu serais d’accord de me dire avec tes mots à toi ce que tu as compris entendu. Comme ça, je pourrai ajuster si ce que je t’ai dit n’était pas exactement ce que je voulais que tu entendes ».
Ça c’est ce qui vous permet de vérifier si l’autre a compris ou entendu. Quand on ne fait pas cette vérification, on a pas beaucoup de points de repère pour savoir vraiment ce que l’autre a compris ou entendu. Parce que même si dans ce qu’il nous dit il semble avoir compris, au fond il peut y voir des zones où ce n’est pas tout à fait clair pour lui. Donc si ce que vous partagez est vraiment important pour vous, je vous invite à faire cette première demande de connexion.

Une fois que vous avez la sécurité que l’autre a entendu ce que vous vouliez dire, une deuxième chose à vérifer avant de passer à autre chose, c’est de lui demander comment il se sent avec ça, quel effet ça a sur lui. Parce que lorsque je traduis ainsi mes jugements, c’est parce que j’ai une intention. Mon intention est d’être relié à l’autre dans cet espace où nous ne faisons qu’un, et d’être relier de Moi à Soi, donc du Père au Fils (du Fils au Père) dans l’espace où nous ne faisons qu’un.
Donc quand je parle avec un autre je vais vérifier avec lui comment il se sent après m’avoir entendu, parce que la relation m’importe, parce que la relation est même pour moi la priorité, avant même ce que je pourrais vouloir lui demander.
Donc peut-être que l’autre va me dire, à ce moment là, que les choses ne vont pas pour lui. Et à ce moment là, je pourrais essayer de me mettre en lien avec lui en entendant, au delà des mots qu’il utilise (il utilise peut-être le langage du jugement) quels sont ses besoins. Quels sont les besoins du Fils qui soutendent ses mots. Et surtout, quelle est l’aspiration du Père qui soutend tout cela. Et je pourrai essayer de le lui redire pour voir si j’ai bien deviné.
Une fois qu’on sera en lien, alors je peux faire une demande d’action. Demander à l’autre quelque chose qui contribuerai pour le Fils, maintenant.

Le langage de la CNV "classique" est davantage un langage de déconditionnement personnel qu’un moyen de communication avec autrui.

Bien évidement, si vous faites ce processus seul, ce que je vous recommande dans un premier temps, c’est de traduire vos jugements à l’intérieur de vous. Traduire pour soi, c’est déjà à peu près 90% de ce dont nous avons besoin au quotidien. La communication non violente est avant tout un langage de déprogrammation intérieur, plus qu’un langage qui sert à parler à l’extérieur.
D’autant que quand on est débutant dans ce processus et qu’on cherche à l’utiliser, on va assez vite exaspérer les gens avec des phrases qui ont toujours l’air d’utiliser la même structure syntaxique, du style :
« Quand je t’entends nin nin nin, je me sens nin nin ni, parce que j’ai besoin de nan nan nan, et est ce que tu serais d’accord pour neu neu neu neu neu ».
Et ça, très vite ça va exaspérer les autres, parce qu’ils ont l’impression qu’on utilise un sytème qui ne permet plus une connexion réelle. Ce qui est un paradoxe, vu qu’on utilise ce processus pour favoriser la relation ! Donc être conscient que ce langage "CNV" est principalement là pour déconditionner notre façon de fonctionner, pour transformer notre vision de nous et des autres, plus que pour être utilisé tel quel dans la communication.

Donc quand je vais parler à l’autre, je vais faire ces demandes de connexion préalable. Et quand je suis en train d’utiliser le processus pour moi, je vais avoir un processus qui va aller un peu plus directement : observation, sentiments, besoins. Je peux regarder comment je me sens, une fois que je suis relié au besoin du Fils, à l’aspiration du Père, et regarder maintenant s’il y a une action concrète qui serait un petit pas vers le nourrisement du besoin pour le Fils. Ou bien, si le fait d’être connecté à l’énergie de l’aspiration du Père est suffisament nourrissant pour qu’en cet instant je me sentes confortable.

Conclusion

Donc vous voyez ce processus : quatre étapes, simple.

Maintenant je vous invite à essayer de l’expérimenter, à chaque fois que vous souhaiterez traduire un jugement.
Je vous souhaite de tout coeur de vivre très bientôt votre jour du jugement dernier, c’est à dire le dernier jour où vous accepterez de voir passer un jugement en considérant que c’est ok. Ce qui ne voudra pas dire que vous n’aurez plus de jugement : vous ne pouvez rien en fait que les jugements vous traversent. C’est dans l’instant premier, la vie vous traverse sous la forme et à travers votre conditionnement, et ça arrive sous forme de jugement, vous n’y pouvez rien. Ne vous jugez pas d’être traversé par des jugements. Simplement quand le jugement vous traverse, vous pouvez choisir de le traduire, avec ces quatre étapes.

Donc je vous souhaite le meilleur, dans l’utilisation de ce processus, et je reste vraiment là avec une joie toute particulière, à votre écoute, pour des questions qui pourraient suivre le visionnage de cette vidéo.

Dalaï Lama, jugements

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